Rétrospective : 2019, loin d’être un long fleuve tranquille à Kankan

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A Kankan, l’année 2019 qui s’achève a été le théâtre de  plusieurs péripéties  aussi bien sur le plan sociopolitique, que  judiciaire et économique entre autres. En clair, ce ne fut pas du tout un long fleuve tranquille.

Sur le plan politique, l’actualité a été marquée par l’installation sur fond d’agitation des 41 conseillers communaux de la ville avec pour président, Mory Diakité alias Kolofon du RPG Arc-en-ciel, le 12 février. Toujours sur le front politique à Kankan, il faut noter l’étouffement par les autorités locales dont le préfet Aziz Diop, de la manifestation anti nouvelle constitution avec à la clé, le saccage du siège de l’UFR (Union des Forces Républicaines), qui donna lieu à une  chasse à l’homme et à des arrestations, le 14 octobre dans les rangs des opposants.

Pour cette année qui s’achève, le président Alpha Condé n’a visité Kankan qu’une seule fois. Et c’était le 23 novembre dans le cadre de la campagne relative  au projet de  nouvelle constitution.

C’est à cette occasion, qu’il a posé la première pierre de la nouvelle université qui doit voir jour à une dizaine de kilomètres du centre-ville.

Sur le plan judiciaire, il y a lieu de noter le verdict dans le jugement des assassins du prédicateur Saoudien Abdoul Aziz, tué le 16 janvier 2018 dans le district de Kantedoubalandou (Sous-préfecture de Djalakoro, Mandiana). Les juges du TPI de Kankan avaient requis ‘’la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sureté de 30 ans’’, pour Moussa Kanté alias Krakra, principal accusé dans ce crime et ses 12 coaccusés en cavale, le 15 avril.

C’est dans le même sillage que le Tribunal de Première Instance de Kankan (TPI) a prononcé l’acquittement en faveur des 6 militants antis 3ème mandat interpelés dans la foulée de la manifestation empêchée du 14 octobre à Kankan. Mais avant, il faut rappeler l’arrestation et le jugement de 17 employés de la Guinéenne d’Electricité (EDG) dans une affaire de vol de carburant, le 23 juillet.

Sur le front social et sécuritaire, l’année 2019 qui tire sa révérence a connu plusieurs agitations et des crimes à Kankan, et dont les jugements attendent encore.

A cet effet, il faut rappeler l’assassinat le 25 février, d’un jeune sergent-chef du camp Soundiata Kéita en mission de gardiennage dans une station d’essence au quartier « Bordo », par des hommes armés. Et en avril, un affrontement entre deux camps rivaux du parti présidentiel (RPG) a fait un mort par balle dans la Sous-préfecture de Tokounou, située sur la nationale Kankan-Kissidougou.

Le 06 avril, au moins 3 candidats au concours de recrutement dans l’armée ont trouvé la mort au cours de l’exercice physique au Camp Soundiata Keita.

Dans  le même registre, il faut noter le lynchage à mort d’un présumé voleur de batterie de lampadaires dans la Sous-préfecture de Tintioulen, le 03 août. Toujours à Kankan, un grave accident dans une mine d’or sauvage a fait 6 morts, toutes des femmes au quartier Kankan Koura, le 06 septembre.

La série des assassinats à Kankan pour cette année 2019 a pris fin par les meurtres des jeunes Oumar Doumbouya et Alpha Issiagha Daby Diallo, respectivement, le 30 septembre à Kabada 2 et le 20 octobre à « Bordo » Hamdalaye.

Hormis les autres agitations sociales sur fond de manifestations des étudiants et contre les délestages électriques dans la ville, il faut relever l’arrestation spectaculaire d’une quarantaine de jeunes en majorité des Maliens, le 25 octobre. Les autorités locales en l’occurrence le gouverneur de région Mohamed Gharé soupçonnant des actions subversives en préparation  suite à cette présence massive des jeunes étrangers, avait promis des enquêtes approfondies dont les résultats attendent encore. Et entre temps, tous les prévenus ont été libérés dans la plus grande discrétion.

En tout cas sans que la presse ne soit mis au courant.

Dans le registre des faits insolites à Kankan au cours de cette année 2019, il faut rappeler l’arrestation et l’incarcération sans aucune forme de procès, du chef de secteur de Djènè Marena (Sous-préfecture de Tintioulen) par le Préfet Aziz Diop. Le seul tort de l’infortuné chef de secteur Kaba Kourouma fut le fait d’avoir installé le préfet de Kankan en visite dans la localité, sur des chaises plastiques estampillées PADES, le parti du Dr Ousmane Kaba.

Enfin sur le plan économique, la situation ne semble guère s’améliorer apprend-on pour cette année 2019 qui s’achève. Selon des spécialistes, le phénomène de la pauvreté et du chômage reste d’actualité chez la majorité des Kankankas.

Dans les marchés par exemple, la cherté de la vie semble s’accentuer avec l’effritement du pouvoir d’achat dû à l’augmentation des prix des denrées de premières consommations ou même leur rareté (poissons frais).

Et la dégringolade de la monnaie locale (Francs Guinéens) en cours ces derniers temps avec par exemple, 100 Euros qui s’échangent à plus d’un millions de nos francs (1 125 000 GNF) ne semble pas arranger cette situation qui risque de s’empirer dans les prochains jours, apprend-on.

Déjà le sac de sucre de 50 Kg importé du Brésil est passé de 315 000 GNF à 330 000 GNF dans les marchés de Kankan.