Revue de presse : comment Alpha Condé est en train d’en finir avec Kassory, l’amateurisme dans le remaniement ministériel…

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Cette semaine, la politique a encore dominé les Unes de nos hebdomadaires. Ils ont notamment parlé du remaniement ministériel, de la relation tumultueuse entre le Président Alpha Condé et son Premier ministre, de la date du 18 octobre proposée par la CENI pour le premier tour de la présidentielle.

Sur le remaniement ministériel, La Lance titre : « L’amateurisme jusqu’au sommet de l’Etat ».  L’hebdomadaire est surpris de constater qu’après dix ans de pouvoir, Alpha Condé « continue de faire preuve d’amateurisme dans la formation de ses équipes gouvernementales ». La dernière intervenue le 19 juin reste pour le journal un chef-d’œuvre en la matière. Et, on n’a pas besoin de sortir d’une quelconque école d’administration pour en déceler les incohérences. La Lance note que tout, ou presque, était sens dessus-dessous. Au point que le journal a dû être relu à la télévision d’Etat le lendemain. Entre autres, La Lance relève que le Premier ministre et les ministres qu’il est censé avoir proposés se retrouvent dans un seul et même décret, la violation de l’article 9 de la Constitution de 2020 qui met un accent particulier sur le genre – il faut 13 femmes pour un gouvernement de 38 membres –, la séparation du décret séparant la nomination du secrétaire général aux Affaires religieuses de celui nommant les membres du gouvernement. Les mains libres ? S’interroge même La Lance en encadré. Le journal estime qu’en Guinée, il est difficile pour un ministre qui a mené des démarches pour sa nomination ou même qui a été nommé sans consultation préalable (juste à cause de sa compétence réelle ou supposée) d’avoir les mains libres. Un tel ministre ne pourrait même pas exiger d’avoir les mains libres vu les circonstances de sa nomination. Et même dans le cas où la personne a été consultée par le Président de la République, et qui a accepté sa nomination avec ou sans condition, elle finit par s’accommoder du non-respect des conditions qu’elle avait posées et accepter d’avaler des couleuvres, et surtout avec la pression de la famille, de la tribu, des amis et des proches.

Une entente de dupe et d’opportunisme. Voilà ce que L’Observateur pense de la relation entre Alpha Condé et Kassory. Le journal croit qu’Alpha Condé a réussi à démanteler le capital politique de Kassory en l’amenant à fonder son parti dans le RPG, à soutenir le projet de nouvelle Constitution et à s’attaquer à la notabilité de la Basse Guinée. Rappelant les « fameuses » images de Kassory tenus par deux hommes et sur civière aux Etats-Unis, L’Observateur croit aussi que Sékhoutoureya a détruit l’image de Kassory Fofana. Pas seulement que cette affaire. Le journal rappelle aussi l’affaire Mamakany, la révélation sur la surfacturation des factures d’électricité dans le volet social du plan de riposte à la COVID-19 et l’affaire de tentative de sortie de Kassory du pays pour raison de santé. Pour L’Observateur, Alpha Condé est en train d’en finir avec Kassory étape par étape.

Le Populaire fait écho de la proposition, par la CENI, de la date du 18 octobre pour la présidentielle. Une date proposée le 11 juin dernier par le nouveau président de la CENI Kabinet Cissé.

Faisant le parallèle entre les situations politiques en Guinée et au Mali, La Lance écrit : IBK et Alpha Condé, deux « frères » sur la sellette. Si le Mali et la Guinée se considèrent comme « deux poumons d’un même corps », qui s’étonne que leurs présidents respectifs, Alpha Condé et Ibrahim Boubacar Kéita alias IBK, qui se disent être des frères, se retrouvent sur la sellette ?