Revue de presse : concession du port, la bataille autour de la mairie de Kindia, Kassory en Haute Guinée…

septembre 4, 2018 10:41
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La concession du Port autonome de Conakry à une société turque, la polémique autour de l’installation du maire élu de l’UFDG de Kindia et la dernière sortie du Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana en Haute Guinée sont les principaux sujets qui continuent de faire l’objet de commentaires dans les journaux guinéens.

« Haute Guinée : la mamaya du Cas-Sorry ! », titre l’hebdomadaire satirique « Le Lynx ».

« Aucun ministre, aucun chef de service de l’administration centrale ne sera désormais autorisé à parrainer une quelconque manifestation politique ou sociale en dehors des périodes définies pour les campagnes électorales », ces propos du Premier ministre Kassory Fofana prononcés devant les députés, le 28 août dernier, sont repris par le journal satirique en guise de rappel.

Apparemment, souligne « Le Lynx », l’adage est d’une actualité brûlante. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Pour notre confrère, le PM fait office de normes dans la Guinée « d’Alpha Grimpeur ».

Parlant de la visite du PM en Haute Guinée, le 23 août dernier, « Le Lynx » souligne : « pendant que les Guinéens tirent le diable par la queue, voilà que notre PM Cas-Sorry à bord d’un jet privé surveille cette misère à haute attitude pour se rendre à Kankan et à Siguiri. « L’enfant du Moryah est allé esquisser des pas de danse dans un Bazin mort d’amidon. La poussière et les nids d’éléphant que dis-je, de poules, n’auront pas alerté la blancheur du jour. Des aigris rouspètent qu’avec l’augmentation de 2 000 francs glissants du prix du litre de carburant, Le Cas-Sorry peut déjà se permettre tout. Tant pis pour les contribuables guinéens », indique le journal.

Quant au jet privé affrété par le PM pour se rendre à l’intérieur du pays, « Le Lynx » rappelle également  que ce n’est pas la première. « Le 9 juillet dernier, pour les obsèques de la mère du ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, Mohamed Diané, le PM et d’autres membres du goubernement avaient rallié Kankan à bord d’un jet privé. Les routes poussiéreuses ou boueuses étant réservées aux pauvres citoyens qui en payent pourtant les factures ».

« Le Premier ministre en Haute-Guinée, le double langage de Kassory Fofana », annonce de son côté « Le Populaire ». Notre confrère rappelle qu’en tournée en Haute-Guinée, celui qui avait affirmé que «la Guinée se limite au km 36» a tenu un discours retentissant, notamment à Siguiri «la capitale du RPG» (sic!) mais surtout à Kankan.

« Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana qui était censé pouvoir ressusciter son Chinois, afin de concrétiser le projet d’électrification de la région, y a marqué son passage par un discours contradictoire, affirmant que la priorité de son gouvernement est, désormais, la restauration de l’autorité de l’État. Or, déroulant ses éléments de langage, face aux députés, dans ce qu’il convient d’appeler «Discours de politique générale », le chef du gouvernement a plutôt évoqué une autre priorité des priorités, à savoir «la promotion d’une bonne gouvernance au service du développement durable», poursuit « Le Populaire ».

« Le Populaire » ajoute : « sans ambages, Ibrahima Kassory Fofana avait noté ce volet comme étant la première priorité de son équipe, ajoutant par ailleurs qu’il ferait de la Guinée le leadership économique de la sous-région avant la fin du quinquennat d’Alpha Condé. D’où le double langage qui situe son niveau de fidélité aux promesses ».

Pour notre confrère, c’est inquiétant pour les Guinéens, vu que les choses semblent avoir changé dans l’esprit de notre Premier ministre car désormais il vole de priorité en priorité, sans peut-être pouvoir cerner même quelle devrait être sa principale priorité. Quand deux «priorités des priorités» se suivent….

L’hebdomadaire « L’Indépendant » s’est intéressé pour sa part à la concession du Port autonome de Conakry à une société turque en reprenant à sa une cette phrase du Président Alpha Condé  prononcée à l’occasion de la remise de gilets de sauvetage au débarcadère du port de pêche de Boulbinet : « Ce que nous voulons pour le port de Conakry ».

Notre confrère souligne que l’occasion a été saisie par le chef de l’Etat guinéen pour lever l’équivoque sur la crise qui mine le port de Conakry. Pour le chef de l’Etat, mentionne « L’Indépendant », ceux qui dénoncent le contrat de concession ne sont que des « faux types ».

« Lorsque nous avons fait venir la centrale thermique ici, il a fallu que Bolloré aille emprunter une grue d’Abidjan pour venir lever. Aujourd’hui, pour faire des capelages de grande hauteur, vous êtes obligés de les envoyer à Freetown. Est-ce que Freetown est plus que nous. Voilà les vérités que vous cachez à la population. Des faux types qui ont mis le pays à terre. Mais il fallait laisser les gens mentir pour qu’on sache désormais qui, ils sont, », fulmine Alpha Condé dans les colonnes du journal « L’Indépendant ».

Et d’ajouter : « le chien aboie, la caravane passe. J’ai dit aussi les crachats du crapaud ne peuvent pas tacher la blancheur de la colombe », entonne le Président de la République. Alpha Condé promet, d’après notre confrère, que dans 3 ans, notre port n’aura rien à envier au port d’Abidjan ou de Dakar. « Voilà ce que nous voulons pour le Port de Conakry et ça se fera », annonce le chef de l’Etat.

L’autre actualité abordée par « La Lance », c’est cette polémique autour de la maire de Kindia. A propos, « La Lance » parle d’ « une tempête dans un océan de manipulations ».

L’accord du 8 août entre l’UFDG et le RPG-arc-en-ciel qui met fin aux contestations électorales après le scrutin du 4 février était censé mettre fin également à toutes les contestations. Hélas, ce n’est pas encore le dénouement, déplore « La Lance ».

Le journal indique que l’accord suscite le désaccord des chefs religieux et coutumiers de la Basse Guinée et fait appel à toutes sortes de manipulations politico-ethniques.

Pour « La Lance », l’appel des Guinéens à l’entente par le Président de la République et par le grand Imam de Conakry, à l’occasion de la fête de la Tabaski, tombe dans des oreilles de sourds. Du moins, pour le moment. La polémique sur la gestion de la mairie de Kindia par l’UFDG, en la personne d’Abdoulaye Bah, fait toujours jaser, mentionne le journal.

« Après la sortie contestée du principal Imam de la mosquée centrale de Kindia, El Hadj Mamadouba Camara, c’est un autre El Hadj, chef coutumier, qui entre dans la danse de l’administration locale. Poursuivi pour avoir tenu des propos « discriminatoires » à l’encontre de la communauté Peule, l’imam semble bénéficier d’un soutien de taille. Et El Hadj Sékouna Soumah (Kountigui de la Basse Côte) croit que Kindia, capitale de la région côtière, ne saurait être dirigée par Abdoulaye Bah, l’élu de l’UFDG, à « cause de son comportement social et administratif ». Des propos tenus suite aux explications de la situation au chef coutumier par Demba Fadiga, député uninominal du RPG  à Kindia. Sans explication, dit-on, c’était à l’occasion d’une visite des ressortissants de la Basse Côte à El Hadj Sékouna Soumah à son domicile de Tanènè (Dubreka) », explique « La Lance ».

Plus loin, le journal.

« Quelle est la place des accords signés face à « cette crise entretenue ? Sinon de quelle légitimité dispose cette vieille garde pour remettre en cause le choix électoral à Kindia», s’interroge le journal.

Et d’ajouter : « Aussi, l’appel à l’entente d’Alpha Condé reste-t-il piétiné. N’a-t-il pas le 21 août, (jour de la fête des moutons) dit que la Guinée ne peut avancer que si les Guinéens se donnent la main, s’ils oublient qui est Soussou, qui est Malinké, qui est Peulh, qui est Guerzé et pensent qu’ils sont d’abord Guinéens ? ».

Pour « La Lance », il est temps que le Président de la République, le garant du fonctionnement de nos institutions, sorte de son mutisme assourdissant. « Alpha Condé doit condamner les propos du Kountigui de la Basse Côte. Le fondateur de la ville de Kindia, Manga Fodé n’est pas natif de la zone. Il faut le lui dire, peste un septuagénaire. On le comprend », conclu « La Lance ».