Revue de presse : discours d’Alpha Condé à Dixinn, mort de la presse écrite en Guinée

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Dans les kiosques cette semaine, le Lynx, la Lance et Journal d’Afrique ont retenu l’attention de Guinéenews.

« Du printemps…à la mort », titre ainsi Journal d’Afrique sur la situation de la presse écrite en Guinée. Le journal rappelle qu’en 1990, le retour au multipartisme a vu naitre de nombreux journaux dans le pays avec une centaine de titre. C’était une nouvelle ère pour les médias guinéens. Ces périodiques vont alors défiler sur le marché national de la presse. La rupture avec les 26 ans du régime de feu Sékou Touré, avait ouvert grandes les vannes d’une certaine frénésie et d’un enthousiasme dans le milieu des médias qui vont conduire rapidement à un impressionnant essaimage de journaux privés. Mais hélas, s’indigne le journal, dix-neuf ans après, il n’en reste qu’une dizaine, qui, d’ailleurs paraît sporadiquement. Journal d’Afrique croit que les journaux en Guinée sont victimes de la pauvreté et de leur grande dépendance. Il cite notamment un manque d’imprimeries et de sociétés de distribution qui s’ajoute aux problèmes financiers. « Ainsi, certains titres ne sont même parus qu’une seule fois, le temps que les promoteurs engloutissent leur petit capital laborieusement réuni.  Cependant, la grande va vivoter dans des conditions défiant les règles de l’art. Pour survivre, il fallait, il faut toujours d’ailleurs, soit demeurer proche – pour ne pas dire plus – d’un parti politique ayant des militants et une certaine audience, soit bénéficier de la générosité d’un parrain occulte, disposant de subsides, voulant se mettre en valeur ou ayant des comptes à régler… Etre proche d’un parti politique, euphémisme pour mettre au jour les liens de dépendance entre les politiques et les médias. Dépendance économique. Dépendance idéologique. Double dépendance qui n’est pas sans influencer le contenu des journaux… », écrit le journal.

« Le nouveau pouvoir a tous les aspects négatifs de la Première République », disait Alpha Condé lors d’un meeting à Dixinn. Le Lynx qui rappelle ce discours tenu samedi 19 mai 2007, au stade annexe du 28 septembre de Dixinn, retient surtout que le Grimpeur se targuait d’avoir des militants et non clients.  Sauf qu’en 10 ans de gouvernance, le clientélisme a remplacé la conviction politique.

« Présidentielle 2020/Le fichier électoral mal fichu plus que jamais », titre La Lance à sa petite Une. Le journal relate qu’après l’audit de son fichier électoral en 2018, la Guinée tendait vers un fichier électoral assaini, débarrassé de tous les doublons et de tous les mineurs. « Hélas ! Puisque le Président Alpha Condé et son régime ne pourront jamais gagner une élection avec un fichier propre, ils ont saboté les recommandations de l’audit du fichier électoral lors des préparatifs du double scrutin du 22 mars dernier », poursuit le journal. Aujourd’hui, déplore La Lance, le fichier électoral est fichu plus que jamais. Et de démontrer : « la révision exceptionnelle des listes électorales lancée le 20 juillet dernier pour finir le 3 août a montré le bordel le plus total qui a été semé dans le fichier électoral. Si la CENI a juré que cette opération de révision ne concernait que les 2 438 992 électeurs jugés problématiques par la mission des Experts de la CEDEAO, mis de côté à la veille du double scrutin du 22 mars, ceux qui ont eu 18 ans et ceux qui ne s’étaient jamais fait recenser, mais les réalités du terrain ont révélé un travail gigantesque qu’on ne peut pas faire en deux semaines. Même si la CENI étalait cette opération de révision sur trois mois (90 jours) comme le recommande le Code électoral révisé de 2017 toujours en vigueur, elle ne pourrait pas répondre à toutes les demandes de correction et d’inscription des électeurs… »