Revue de presse : falsification de la Constitution, réplique du FNDC au procureur de Kankan…

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Durant cette semaine du 1 au 7 avril, les hebdomadaires guinéens ont notamment écrit sur la falsification de la Constitution issue du référendum du 22 mars 2020, l’affaire de la villa de Moustapha Naïté, la réplique du FNDC au Procureur général près la Cour d’appel de Kankan…

« Falsification de la Constitution issue du référendum du 22 mars 2020/ Alpha Condé veut tout », estime La Lance. L’hebdomadaire du mercredi écrit qu’Alpha s’est obstiné à changer la Constitution du 7 mai 2010 par un projet taillé sur mesure et, selon la CENI et la Cour constitutionnelle, adopté par plus 90% de Guinéens. Cette « nouvelle Constitution », poursuit le journal, a été changé par un texte sorti de nulle part, promulgué, publié au Journal officiel et qui a surtout plongé la Guinée dans une impasse.  Le journal note que depuis l’avènement au pouvoir de celui qui s’est battu, un demi-siècle durant, pour la démocratie et les libertés, ces dernières se retrouvent, paradoxalement, constamment menacées. Au jour le jour, les droits des Guinéens se réduisent comme peau de chagrin. Le journal cite entre autres : le refus d’agréer des partis politiques ; les arrestations et les emprisonnements pour des délits d’opinion, sans procès ; liberté de la presse menacée…Désormais, estime La Lance, les Guinéens jouissent de leurs droits avec la permission du chef !

Là-dessus (sur le tripatouillage constitutionnel), L’Observateur estime que la volonté du peuple a été travestie, dénaturée, altérée et abâtardie.

Pour sa part, Le Populaire publie un décryptage de l’ancien bâtonnier Me Mohamed Traoré titré « les péchés de la nouvelle Constitution ». L’avocat estime que la nouvelle constitution issue du double scrutin (législatif et référendaire) n’a plus cette légitimité qu’elle pouvait prétendre avoir du « Oui » massif du 22 mars 2020. « Durant tout le débat relatif au changement de constitution, ceux de nos compatriotes qui ont initié et soutenu le projet ont invoqué la souveraineté du peuple et son droit inaliénable de définir en toute liberté ses institutions. Nul ne peut empêcher le peuple souverain de se doter d’une nouvelle constitution, disait-on dans tous les discours. C’est d’ailleurs le motif qui avait été retenu par la Cour constitutionnelle dans son avis n° 002 du 19 décembre 2019 pour conclure que le Président de République était fondé à proposer une nouvelle constitution aux Guinéens. Guinéens. Il se pose aujourd’hui l’épineuse question de savoir si ceux qui tenaient ce genre de discours ont pris en compte la souveraineté du peuple de Guinée », peut-on lire dans le décryptage du journal.

« Accusé, Dr Faya répond : qui est le parrain des tueries de N’Zérékoré », barre Le Populaire à sa Une. Se défendant contre les accusations du procureur général près la Cour d’appel de Kankan  – qui accuse son parti d’avoir recruté des mercenaire libériens lors des évènements du 22 au 24 mars 2020 –, Faya Millimono  dit : « J’ai été très déçu quand j’ai écouté le procureur Yaya Kaïraba Kaba. Ce qu’il a dit est d’abord dangereux pour nos relations avec nos voisins. Je ne crois pas qu’il puisse soutenir qu’il y a eu des mercenaires provenant du Libéria. Ce qui voudrait dire que le Liberia est aujourd’hui dirigé par des gens qui auraient intérêt à déstabiliser la Guinée. Je l’admirais par le passé, mais je trouve qu’il a été d’un petit esprit en s’exprimant de cette façon… »

Toujours sur la sortie médiatique de Yaya Kaïraba Kaba,  Le Lynx publie  la réponse du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution). Le satirique rappelle d’abord que le Pro-crieur général près la Cour d’appel de Cancan (Haute-Guinée) a accusé le FNDC d’avoir organisé, planifié et exécuté les récentes violences de N’Zérékoré. Et qu’il compte bien rendre justice…Dans sa réponse, le FNDC a estimé que la déclaration du procureur est une simple opération de communication visant à dénaturer les faits, manipuler l’opinion publique et cacher le bilan  réel des tueries. « Ces manœuvres prouvent le manque total d’enquête indépendante sur les crimes du régime, la partialité de la Justice guinéenne et la caporalisation du parquet qui sert d’instruments d’oppression des opposants au troisième mandat… »

« Dénonciations calomnieuses/Naïté victime des faucons du RPG », titre L’Observateur à sa Une. L’hebdomadaire publie l’intégralité d’une tribune du ministre des Travaux publics, titrée : « toutes ces attaques proviennent de mon propre camp politique ». Et, un journaliste témoignant en faveur du ministre écrit : « les faits ont donné raison à Moustapha Naïté… » Le journaliste témoigne que la prémonition du ministre est devenue réalité. Ce 22 août 2018, le ministre – se sachant la cible de beaucoup d’adversaires – avait dit : « un jour ou l’autre, cette maison pourrait alimenter la chronique…