Revue de presse : « la candidature d’Alpha Condé et le devenir de la nation », « Coronavirus, une aubaine »…

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Cette semaine, les hebdomadaires guinéens sont encore  revenus  sur la très probable  candidature d’Alpha Condé à l’élection présidentielle de 2020 avec des analyses, mais aussi des opinions.

Le Populaire publie une tribune du Professeur hors-classe de Lettre-Histoire, Lamarana Petty-Diallo, qui s’interroge sur le devenir de  la nation guinéenne avec la candidature « probable, mais certaine » du Président Alpha Condé. « Probable mais certaine/La candidature d’Alpha Condé et le devenir de la nation », est ainsi titrée la tribune du Professeur. Pour lui, si la désignation d’Alpha Condé n’est pas une surprise comme l’affirment certains leaders de l’opposition, cela signifie qu’elle est évidente. Que les responsables politiques en question le savaient très probablement. Diallo pose alors un certains nombre de question : où est passé le FNDC depuis le 6 août (date de la désignation d’Alpha Condé comme candidat du RPG) quand on sait qu’il n’y a jamais eu de réaction pertinente de sa part après la désignation d’Alpha Condé à sa propre succession ? Aurait-il mené les Guinéens en bateau (les partis politiques d’opposition compris) ? Pourquoi l’opposition a-t-il organisé des manifestations durant une dizaine d’années si l’issue devrait être un troisième mandat pour le président actuel ? Pourquoi avoir mobilisé plus d’un million de personnes et les inviter à rentrer à la maison sans que le pouvoir tombe ? Y aurait-il des freins d’une telle action au sein de l’opposition et du FNDC ?…

Poursuivant, le Professeur écrit : « bien de Guinéens se posent la question de savoir de quoi est faite l’opposition dans ses différentes composantes. Du coup, un certain nombre d’interrogations se posent : L’opposition guinéenne serait-elle une assemblée de partis politiques, de personnes, de mouvements dont les membres se serviraient des uns, les plus puissants en termes de mobilisation, au profit des autres ? Y compris du pouvoir ? La classe politique de l’opposition a-t- elle encore une ligne de conduite, un idéal et une stratégie commune pouvant mener les Guinéens à la démocratie ?L’opposition guinéenne ira-t-elle à la parodie électorale du 18 octobre 2020 ? Avec quel mot d’ordre ? Quelle stratégie ? Sera-t-elle conséquente en respectant sa promesse de ne jamais concourir avec Alpha Condé sur la base de sa constitution du 22 mars 2020 ? »

Pour Lamarana Petty-Diallo, le futur de la Guinée et de l’opposition dépendra des réponses apportées à ces questions. En attendant, il croit que les responsables politiques de l’opposition devraient faire en sorte que le glas sonne contre l’adversaire qui avait promis de les achever par l’usure avant qu’il ne quitte le pouvoir. « Une chose est sûre, les Guinéens les attendent à la limite de la patience de tout peuple qui commence à se lasser tant du pouvoir que de l’opposition. Il faudrait vite faire avant que cela ne soit, car la réaction d’un peuple désespéré de tout est dramatique pour tout politique qu’il soit en exercice ou de l’opposition… », conclut-il.

« Ebola était une opportunité, Coronavirus, une aubaine », titre La Lance sur la présidentielle du 18 octobre prochain. Le journal rappelle que l’assertion selon laquelle « Ebola est une opportunité » vient du Président Condé. Sauf que, estime le journal, les malades qui ont pu vaincre le Coronavirus pour sortir du CTE de Donka au mois de mai dernier ont dû contester l’affirmation. En tout cas, au plan matériel, sur le terrain  de « l’héritage », celui des acquis dans la gestion  des épidémies, nous avions très peu à montrer… A présent, l’on est tenu de comprendre à demi-mot que « l’opportunité » ne dépasse presque pas celle d’enrichir le clan habituel.

Quant à « l’aubaine du Coronavirus »,  estime La Lance, elle saute aux yeux. « Elle permis entre autres, de tétaniser le pays pour se taper, quasiment à l’œil, une bonne Assemblée nationale absolument monocolore et un référendum constitutionnel qui mène à un troisième mandat inespéré. En somme, un coup KO sous le couvert du Coronavirus.»