Revue de presse : La fête du 3 mai et les attaques de Alpha Condé contre la presse , la crise politique…

mai 15, 2018 3:00
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La dernière sortie du président Alpha Condé contre les médias guinéens lors de la célébration de la journée internationale de la presse, la crise politique et celle au niveau du secteur de l’éducation ont fait la une des journaux de la place durant la semaine qui s’est écoulée.

 

« Alpha Grimpeur s’en prend aux journaleux et à RSF- Colère sans frontière ! », titre le journal satirique « Le Lynx » avec des caricatures qui montrent Alpha Condé en train de piétiner un journaliste alors qu’il ferme la bouche à un autre venu lui tendre le micro. Le tout sous l’œil vigilant de RSF. Le journal explique qu’à cette fête, « C’est finalement l’invité de marques… déposée, le Prési Alpha grimpeur, qui aurait fait sa fête aux journalistes, clashé le classement de reporters sans frontière qui a relégué la Guinée au rang des prédateurs de la liberté de la braise. Le Prési Alpha grimpeur s’indigne de l’indignation de Reporters sans frontière. On sait que l’ONG a logé la Guinée au 104ème rang (sur 180 pays évalués) des prédateurs de la liberté de la presse dans le monde. Soit u recule de trois poings par rapport à 2017 ».

 

Pour notre confrère, l’alerte qui devait amener à une prise de conscience pour améliorer l’environnement médiatique, a plutôt fait vivre, une demi-heure durant, les journaleux, un mauvais temps dans la salle Mohamed Koula Diallo de la Maison de la presse. De ce nom du journaliste tué par balle en février 2016 aux abords du siège de l’UFDG ».

 

Pour le journal satirique, « En cette journée de la liberté de la presse, l’Hôte a été le seul à en jouir. Il a dominé les dégâts en interrompant ses interlocuteurs près d’une demi-heure ».

 

Aboubacar Soumah pose ses conditions », annonce « Le Lynx », faisant allusion aux négociations enclenchées le 4 mai dernier entre pouvoir et syndicat de l’éducation sur les 8 millions de salaire de base, qui est le point 3 du protocole d’accord du 13 mars dont la conclusion a mis fin à une grève qui a secoué le pays pendant plusieurs semaines. Le journal fait mention des multiples violations de plusieurs points de cet accord dont le syndicaliste a exigé le respect comme conditions avant la reprise des négociations.

 

Sur le même événement, « L’Indépendant » parle des « coups de boutoir d’Alpha Condé ». Pour l’hebdomadaire « L’Indépendant », la scène que le chef de l’Etat a faite aux médias, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, est encore dans tous les esprits. Avant cette saillie du président, son Premier ministre Mamadi Youla s’en était vertement pris au monde syndical, le 1er mai, rappelle notre confrère qui aborde ainsi l’autre crise entre pouvoir et syndicat de l’éducation.

 

S’agissant de la sortie du chef de l’Etat contre la presse nationale, notre confrère ajoute « qu’au lieu donc de s’en prendre à la presse, le Président devrait plutôt s’interroger sur sa gouvernance. Quand lui-même reconnait que ses ministres pompent les deniers publics… ». Le journal fini par cette citation de René de Chateaubriand « plus vous prétendez comprimer la presse, plus l’explosion sera forte. Il faut donc vous résoudre à vive avec elle ».

 

A la suite du président de la République, l’autre sortie publique de son premier ministre, à l’occasion de la célébration de la fête internationale du travail, a suscité des débats dans la presse. «Ce 1er mai, à l’occasion de la célébration de la fête internationale du travail, Mamady Youla, a sans doute voulu rompre avec son image d’homme flegmatique. Pour enfin montrer les griffes. Il n’a pas eu recours à des gangs, pour dire tout le mal qu’il pense du monde syndical. Un monde où « l’anarchie et l’indiscipline » semblent pris le dessus. Ce que flétrit Mamady Youla », relate « L’Indépendant ».

 

Pour notre confrère, les paroles enflammées du Premier ministre sont interprétées comme étant une sorte de baroud d’honneur d’un homme qui se trouve sur un siège éjectable.

« Outré, Alpha Condé se déchaine contre les journalistes », titre de son côté l’hebdomadaire « Le Populaire ». Le journal annonce que la célébration de la journée par les tenants des associations de la presse guinéenne a tourné à une partie de colère du président Condé contre le classement du pays par l’ONG Reporters sans frontières.

 

« L’instant a été mis à profit par le président du Conseil d’administration de la Maison de la presse d’éplucher les difficultés qui assaillent le monde de la presse guinéenne. Certes, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Puisqu’Alpha Condé a tout de suite interrompu l’orateur dans sa communication, en marquant sa désapprobation face au classement de la Guinée par l’ONG Reporters sans frontières », relate notre confrère.

 

Pour « Le Défi », « Alpha Condé défie la presse guinéenne ».

« Les populations guinéennes sont désormais témoins de toutes les sorties malencontreuses du Président guinéen –Alpha Condé contre les journalistes et toute la presse nationale, publique et privée dans la même poubelle de l’histoire, alors que la réalité est de rappeler certaines vérités au président guinéen. Certes qu’il les sait déjà pour avoir si bénéficié des biens faits de cette presse, mais après sa victoire dite démocratique, il feint de n’en savoir rien, laissant un goût d’inachevé, d’amertume et d’ingratitude politicienne face à cette presse. Pour Alpha Condé, personne dans la presse n’a le niveau, ni le courage de dire haut ce qu’il pense, encore moins faire des enquêtes sérieuses sur les cas de détournements qui ont lieu au sein des départements ministériels en Guinée. C’est faux et archi faux de penser que depuis qu’Alpha Condé est au pouvoir en Guinée, aucun journaliste ne lui a fait lire des éléments d’informations afférents aux cas de corruption. Il a donc le loisir de dire ce qu’il croit être bon pour lui, mais la presse libre de Guinée lui rétorque toujours avec le respect dû à son titre de Chef de l’Etat. Si donc le classement 2017 de la Guinée dans le cadre des libertés est décevant, RSF n’a fait que constater ce qui prévaut en Guinée en ces temps-ci. Ainsi, c’est à Alpha Condé de dire à ses hommes en uniformes et à ses adjudants politiques de faire avec la presse, sans brimade, ni attaque », estime « Le Défi ».

 

Notre confrère s’est aussi intéressé à la sortie médiatique du Premier ministre contre le syndicaliste Aboubacar Soumah avec son titre : « Mamadi Youla s’efface, Aboubacar Soumah triomphe ».  

La face hideuse de Mamadi Youla s’est laissée reconnaître au palais du peuple lors de la célébration de la fête du travail, le 1er Mai dernier ; tenez, c’est avec respect que le syndicaliste Aboubacar Soumah s’est présenté à lui pour lui rendre les honneurs en sa qualité de premier ministre, envoyé spécial du Président Alpha condé à cette occasion. Il a fait comme il ne voyait rien devant soi, mais en plus, il a totalement ignoré celui avec qui, Alpha Condé avait conféré, puis celui-là qui est désormais le véritable leader syndical guinéen le plus en vu, voire le plus à même de donner des insomnies au pouvoir, vu qu’il défend les plus démunis de tous : les enseignants guinéens. Mais on doit comprendre les attitudes d’arriviste de Mamadi Youla en fin de parcourt dans le gouvernement qu’il était censé diriger et coordonner les actions auprès d’Alpha Condé. Il nous donne toutefois l’opportunité de revoir son parcours de Pm depuis qu’il y officie, on se demande d’ailleurs comment et avec qui ? », s’interroge « Le Défi ». Et de répondre : « Mamadi Youla a raté en pensant faire du mal à Aboubacar Soumah qui par-là, triomphe de plus belle devant toutes sortes d’attaques, d’inimité et de basses œuvres de la part des membres de ce gouvernement en manque d’initiatives, sauf pour voler et tripatouiller sur les deniers publics ».

 

La crise de confiance au sein de la classe politique est l’autre sujet de l’actualité abordé par « Le Populaire ». Le journal annonce que « sur le ring politique guinéen, les acteurs de la mouvance présidentielle ne se laissent point devancer par les attaquants de l’opposition. Ils contre-attaquent, à leur façon », faisant allusion à la décision de l’opposition dite républicaine de renouer avec les manifestations de rue. Dans les colonnes du journal « Le Populaire », le porte-parole de la mouvance présidentielle a invité l’opposition républicaine à être plus patiente et d’abandonner l’idée de tout déballer dans la rue.