Revue de presse : l’adresse du chef de l’Etat à Nation, le graffiti de Sekou Touré, la baisse du prix de carburant vus par nos confrères

janvier 7, 2019 8:27

Du 31 décembre 2018 au 5 janvier 2019, la presse dans son ensemble a fait échos de l’adresse du chef de l’Etat à la nation. Un message axé essentiellement sur le bilan, les perspectives et l’appel au dialogue.

Ainsi, pour l’hebdomadaire « La Lance », dans son adresse à la nation, le président de la République, n’a fait qu’égrener son bilan de l’année 2018, critiquer les grèves et autres manifestations politiques menées par l’opposition et justifier l’installation des Points d’Appui (PA) le long de la route de Prince, l’épicentre des manifestations dans la capitale. Notre confrère soutient en outre que pour cette année, le chef de l’Etat a été sobre sur les perspectives de 2019

Dans cette même publication, La Lance a publié la réaction de l’écrivain Thierno Monenembo contre les graffitis des leaders révolutionnaires africains, dont Thomas Sankara, Kwamé N’Krumah, Sekou Touré, au pont 8 novembre. Pour l’écrivain, c’est une « odieuse » provocation du nouveau maire de Kaloum, qui n’est autre que la fille du feu président Ahmed Sékou Touré qui, selon lui, a hissé volontairement l’effigie de son défunt père : « Une certaine fille récemment élue maire de Kaloum a cru devoir fêter sa victoire en hissant l’effigie de son criminel de père à l’endroit même où celui-ci, au fait de son pouvoir et sa cruauté, pendait qui il voulait comme il voulait et quand il voulait. Cette odieuse provocation contient d’évidence un message…»

Pour le journal Le Démocrate, dans son discours de fin d’année, le chef de l’Etat a affiché ses grandes ambitions qui sont entre autres, la gestion des projets convenus avec la Chine pour une enveloppe de 20 milliards de dollars américains qui seront investis dans les domaines de l’éducation, des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et faire de la Guinée, le pays le plus électrifié de la sous-région. Sans oublier la santé dont il veut renforcer la fourniture des médicaments.

En ce qui concerne les graffitis des « héros de l’indépendance et de la révolution » au Pont 8 Novembre, le confrère a fait échos du cri de cœur des enfants des victimes du Camp Boiro qui pensent que c’est une « incitation à la haine entre les Guinéens ». Selon le journal, l’association des victimes du Camp Boiro a haussé le ton pour dénoncer ces graffitis « Ce pont ne saurait être souillé par l’effigie de celui qui a ordonné les exécutions et exactions de toutes sortes durant 25 ans de règne… » 

Quant à l’hebdomadaire Le Standard, le président Alpha Condé dans ses vœux de nouvel an aux Guinéens, a exhorté les uns et les autres « au dialogue pour aplanir les différends politiques et sociaux », à préserver la paix, la cohésion sociale dans l’intérêt de la Guinée et des Guinéens d’où l’installation des PA dans la commune de Ratoma, plus précisément le long de la route Le Prince.  Par ailleurs, le journal s’est penché sur la baisse sensible de 500 GNF du prix du carburant à la pompe. Une réduction jugée insignifiante par les forces sociales qui projettent des manifestations. Selon Le Standard qui a relayé les réactions des forces sociales, si le prix de baril à l’international, a chuté à 45,035 dollars US, le litre de carburant devrait être revue à la baisse jusqu’à 5000 GNF à la pompe.

L’hebdomadaire satirique Le Lynx, de son côté ironise sur cette baisse du prix du carburant  qu’il qualifie de « cadeau de fin d’année » du chef de l’Etat aux Guinéens. « Apparemment, les Guinéens ont été surpris. Ils ne s’attendaient pas à une telle promesse, que dis-je, un tel cadeau de faim d’année…Alpha gouvernance veut certainement démentir les Guinéens qui jurent qu’en Guinée, les prix ne peuvent que grimper, mais jamais baisser… »

En ce qui concerne le graffiti de président feu Ahmed Sekou Touré, Le Lynx soutient que cette œuvre d’art suscite des débats, des contradictions mais surtout provoque l’Association des Victimes du Camp Boiro. « Sékou Tyran en graffiti provoque un AVC-B …L’embellie cache mal la trace des cordes au bout desquelles avaient été (sus) pendus, le 25 janvier 1971, Ibrahima Barry, dit Barry III (Secrétaire d’Etat et rival politique de Sékou Tyran), Magassouba Moriba (ministre délégué à l’Education), Kéita Kara Soufiane (Commissaire de Police) et Baldet Ousmane, (ministre des Finances)… », note le satirique.