Revue de presse: le retour agité de Dalein à Conakry, les visites de Wade, Hollande et de Sarko à Sékhoutoureya

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Les journaux guinéens de la semaine se sont fait abondamment l’écho du retour mouvementé de Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG à Conakry sans oublier les visites des anciens chefs d’Etat du Sénégal et de la France, en l’occurrence Me Abdoulaye Wade, François Hollande et Nicolas Sarkozy à Conakry.

Ainsi « L’Observateur » dans sa parution du lundi 18 février a mis à la une, le retour du chef de file de l’opposition au pays. Le confrère affirme que le cortège de Cellou Dalein a été dispersé avec sa voiture de commandement endommagée par les forces de l’ordre. « Le cortège de Cellou Dalein dispersé, son véhicule endommagé ». Le journal a narré les faits avec des détails précis tel un film.  Pour le confrère, la sortie spontanée des militants et des sympathisants de l’UFDG venus souhaiter la bienvenue à leur leader n’aurait pas été du goût des autorités qui auraient ordonné aux forces de l’ordre d’empêcher le mouvement à l’aide des gaz lacrymogènes. L’hebdomadaire « L’Observateur » a donné  la parole à un témoin en la personne de l’administrateur du siège de l’UFDG qui dans son témoignage affirme, la main sur le cœur, que le siège a été attaqué et le contenu vandalisé par des agents de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité(CMIS). Pour sieur Maladho, interrogé par le confrère, le pire a été évité de justesse ce jour-là.

Quant à « Le Populaire », ce retour mouvementé est signe de la jalousie du régime  vis-à-vis de  la popularité du leader de l’UFDG. « Les faits sont têtus. Le régime Alpha Condé est jaloux de la popularité de son principal opposant. Il s’est toujours montré allergique à la moindre mobilisation spontanée autour de Cellou Dalein…Et pour cause ? L’usage disproportionné de la force publique est devenu sa meilleure méthode de gouvernance. Au gré de ses humeurs, il fait interpeller, bastonner, blesser ou gazer le chef de file de l’opposition et ses partisans. Les domiciles, le siège du parti, les véhicules du cortège et les motos des militants ne sont pas épargnés ».

En ce qui concerne les visites des anciens chefs d’Etat du Sénégal et de la France, le journal « Le Populaire », pense que ces anciens dirigeants sont venus à Conakry pour freiner toute propension du président Alpha Condé vers un troisième mandat. «Les anciens présidents français François Hollande et sénégalais Abdoulaye Wade étaient au chevet de la Guinée en mal de volonté de dérouler le tapis à l’alternance au sommet de l’Etat ».

« Le Lynx »  du lundi 18 février a donné la parole à Cellou Dalein qui a soutenu vaille que vaille qu’on voulait attenter à sa vie, mais qu’il est déterminé à poursuivre le combat. «…On m’a fait comprendre que monsieur Alpha Condé a dit que je viens pour attaquer les PA. J’ai répondu que ce n’est ni l’intention de Cellou Dalein ni l’intention de la direction nationale du parti. J’ai demandé aux responsables du parti d’aller rassurer les agents qui étaient dans les PA et de mettre des militants à côté d’eux pour leur montrer qu’ils ne sont pas visés. Ces dispositions ont été prises. De l’aéroport à Gnariwada (Hamdallaye, tout s’est bien passé. J’ai salué tous les agents. Mais, il y avait d’autres qui n’étaient pas satisfaits. A Gnariwada, on a senti qu’on est attaqué. Le gaz lacrymogène venait de devant et de derrière. Mais l’élément nouveau, c’est que leurs véhicules recherchaient le mien. Ils ont commencé à attaquer avec leur « Mamba ». Ils cognaient par les côtés latéraux et par devant. Je considère qu’avec cette force, on voulait attenter à ma vie. Alpha a donné les instructions, Bafoe a dit de m’attaquer. Comme il y a eu mobilisation, il fallait m’empêcher d’arriver au siège… Et pour justifier leur acte, ils disent que je suis venu attaquer les PA. S’ils veulent m’intimider, ils se trompent. Je suis déterminé à conduire ce combat. Je me sens en insécurité dans ce pays, mais je n’en ai cure. J’ai décidé de vouer ma vie à l’avènement d’une société plus juste dans ce pays.»

Pour « L’Aigle Infos », une trentaine de personnes ont été blessés lors des échauffourées entre les forces de l’ordre et les militants de l’UFDG le samedi 16 février dernier. Le journal a rapporté les propos du leader de l’UFDG, qui a affirmé que son véhicule a été pris à partie par des blindés de la police et qu’il a reçu des gaz lacrymogènes. Plus loin, le confrère informe que Cellou Dalein projette de porter plainte. «…Je vais saisir la justice internationale, notamment la Cour de Justice de la CEDEAO parce que trop c’est trop

« La Lance » du mercredi, a donné la parole au ministre de la Sécurité qui a rejeté toute responsabilité par rapport à ce qui s’est passé le samedi 16 février lors du retour de Cellou Dalein à Conakry. «La police n’a rien fait. Aucun de nos véhicules n’a fait d’accident. Vous pouvez aller dans les parcs de la police pour vérifier. Quand tu cognes un véhicule, au moins il y a des traces du véhicule cogné sur le tien ! Il y a un service de constat. Et puis, de toutes les façons, tout le monde a des téléphones, des caméras pour prendre au moins les photos du véhicule qui a cogné», dira le ministre Alpha Ibrahima Kéira avant de demander à l’UFDG d’apporter les preuves de son accusation. «La preuve de l’accusation incombe à l’accusateur… On est habitué à ces déclarations mensongères où on dit qu’une balle a transpercé le véhicule, je ne parle pas de cela. Le niveau du débat est trop bas