Revue de presse : l’opposition et la présidentielle d’octobre, le putsch au Mali

0
1256

A la Une des hebdomadaires cette semaine, le troisième mandat d’Alpha Condé et la dernière carte de ses opposants, le coup d’Etat au Mali.

« IBK déposé par l’armée/La peur de l’effet contagion », barre Le populaire qui consacre cinq de ses 16 pages à la situation politique au Mali. Pour l’hebdomadaire, Le coup d’État perpétré contre le désormais ex-président malien, Ibrahim Boubacar Kéita provoque la frayeur dans les rangs des partisans de l’alternance par voie électorale. Et pour cause, explique le journal, cet évènement pourrait produire un effet contagion vers les autres pays de la Cedeao, où certains caressent le rêve de 3e mandat, et remettre en question l’ordre constitutionnel établi. Le journal constate qu’au niveau sous-régional et africain, la mutinerie est mal vue. « Dès le 18 août, la Cedeao et par la suite l’Union africaine, les Etats unis, la France et la Russie ont condamné le coup d’État. Réunis en visioconférence, les chefs d’État de la Cedeao ont décidé de fermer les frontières avec le Mali ainsi de suspendre leurs échanges financiers avec le pays. Une délégation de l’organisation sous-régionale conduite par l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan est arrivée samedi après-midi à Bamako, où elle a été accueillie à sa descente d’avion par des dirigeants de la junte », relate Le Populaire. Et le journal d’analyser que la position des chefs d’État de la Cedeao, notamment Alassane Ouattara et Alpha Condé, semble plutôt guidée par la peur de l’effet contagion. Eux dont le projet de 3e mandat est décrié tant en Côte d’ivoire qu’en Guinée avec de risque patent d’instabilité politique.

« Bravo, l’armée malienne ! », s’exclame Le Lynx dans sa Chronique assassine. Le satirique tresse des couronnes à l’armée malienne : « nous estimons que tous ceux qui aiment voir l’Afrique se relever, se gérer rigoureusement doivent accorder du crédit à l’intention des militaires maliens de relever leur pays et leur nation. L’armée malienne a fait preuve d’une maturité sans précédent en Afrique. Elle a évité en son sein la division. Comme il sied à leur corps, la discrétion a été tellement observée qu’on a pensé qu’elle ferait comme toutes les autres armées aux services des dictateurs. Leurs chefs ont montré que l’obéissance à une limite. On obéit quand sont respectées les normes auxquelles on a adhéré et qui ne sont pas viciées par les ordonnateurs. Son mérité, le plus admirable est son courage, sa clairvoyance face au syndicat des chefs d’Etat…»

« Troisième mandat d’Alpha Condé/ La dernière carte de l’opposition ! », titre La Lance sur l’actualité politique nationale. L’hebdomadaire souligne que de retour de l’étranger, Sidya Touré de l’UFR a réitéré qu’il ne sera pas candidat à une élection à laquelle Alpha Condé est candidat. Et, pour sa part, l’UFDG va consulter ses différentes fédérations. Et le journal d’écrire : il reste à savoir la date de la reprise des manifestations du FNDC. Le journal rappelle que le Front avait décidé d’observer une trêve jusqu’au 31 août. Pendant ce temps, les quatre premières formations qui font figure de favoris surfent encore sur le flou, excepté l’UFR de Sidya Touré. Seuls quelques outsiders ont clairement annoncé leur participation au scrutin présidentiel : Ousmane Kaba, Abdoul Kabèlè Camara, Mamadou Sylla… Et le journal de conclure : « pour tout dire, touchant la présidentielle, la participation de l’opposition et d’Alpha Condé, l’avenir du FNDC et son agenda… tout ce que nous savons est que nous ne savons rien. Socrate avait raison ! »

a