Revue de presse : mini remaniement, explosion de grenade à Labé, lutte anti Covid-19, mort de Floyd…

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Dans la semaine de 15 au 21 juin, les principaux hebdomadaires guinéens ont notamment traité de la dernière sortie d’Alpha Condé sur la lutte contre le COVID-19 en Guinée, les difficultés pour Alpha Condé de former un nouveau gouvernement, les explosions de grenade à Labé et Beyla. Mais aussi, plus loin de la Guinée, la mort de George Floyd aux Etats-Unis.

« Madifing  se fâche, se lâche et se plante ! », titre Le Lynx sur l’explosion d’une grenade qui a tué 4 gamins à Labé, le 7 juin. Le satirique, indique que Le Gouve du coin accuse des terroristes. Le Grimpeur lui emboîte le pas. Mais, révèle l’hebdomadaire, le 12 juin, les résultats de l’enquête menée par la justice disent autre chose. Le satirique rappelle aussi que ce n’est pas la première fois que les Gouvernants, impatients d’incriminer les opposants cherchent à leur coller toutes sortes de forfaitures. « C’est une culture héritée du PDG. Sous la Révolution vers laquelle tend la Gouvernance du RPG, on aurait crié haro sur les ‘’ Mercenaires’’, les ‘’ Anti Guinéens ‘’… », poursuit Le Lynx.

La Lance fait remarquer que quand il y a eu un cas similaire d’explosion meurtrière de grenade à Beyla, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a parlé « d’une explosion accidentelle ». La position du gouvernement demeure floue sur le cas survenu à Beyla. Et le journal de finir par s’interroger : « pourquoi terrorisme à Labé, accident à Beyla ? »

Autre titre du satirique : la mort de George Floyd. Dans sa « chronique assassine », Le Lynx écrit « avec fierté » que l’armée américaine est patriotique et nationale [pour avoir refusé de réprimer les manifestations contre le racisme et les violences policières]. Elle (l’armée) défend un système qui est bâtie sur le respect des principes de gestion, l’amour du citoyen et du pays… Sur les manifestations, Le Lynx écrit toute la population blanche, noire, jeune dans la majorité a crié sa désapprobation. Et sur l’autre continent (l’Europe), le « réveil » de l’humanisme, de la vérité sociale, ont aussi prévalu. Les Anglais, à Londres, dans leur manifestation, ont exigé le démantèlement de la statue de Cecil Rhode , ce colon britannique. En Belgique, les manifestants ont aussi exigé le démantèlement de la statue de Léopold II, le « propriétaire » du Congo Léopold Ville (Zaïre). Cette révolte, la désapprobation de certains gouvernements, doit donner à réfléchir à la jeunesse guinéenne.

Sur la même mort de George Floyd, Le Lynx s’interroge également : « Noir n’est plus noir chez les Noirs ? » Le journal rappelle que les questions sur la mort de George Floyd ont fusé de partout et instantanément : « peut-on tuer un être humain de cette façon-là ? Un agent de police, fût-il blanc, peut-il, les mains dans les poches, étouffer à mort, un suspect, même noir, qu’il est censé interpeller ? Un suspect noir, interpellé de la sorte, appartient-il encore au genre humain ?… » Le satirique écrit que les premières réponses sont venues de l’Amérique elle-même, des noirs-américains, des fameux-américains, ces africains-américains, ces africains-américains de Stockly Karl…Michael. Ça aurait bien dû être Stockly Karl Marx, on n’en mourrait pas ! Tout le monde s’accorde pour montrer que George Floyd est un être humain. Un Américain. Un noir américain. Un américain noir. L’Amérique blanche est unanime que Floyd est américain. C’est un être humain que Derek Chauvin a tué… Paradoxalement, remarque le satirique, l’Afrique, mon Afrique, l’Afrique des savanes ancestrales de David Diop, l’Afrique, fière et jeune, de la Guinée indépendante a préféré la fermer comme une carpe. Ce vaste continent noir n’a connu de marches de protestation qu’en Tunisie, peuplée d’Arabes, souvent taxés de racistes. Originaires de Sfax, levez la main ! L’Egypte n’a pas bronché le moindre chichi. Nasser est libre de se retourner dans sa tombe. Tiens, poursuit l’auteur de l’article, l’on a protesté en Afrique du Sud, le berceau de l’Apartheid ! Et, Ado au mur, le Ghana du président Akufor a balancé une petite note de protestation en direction de Washington : quelle audace !

Sur la lutte contre le COVID-19 en Guinée, La Lance publie l’intégralité de l’adresse à la nation d’Alpha Condé du 15 juin avec le titre : « Le combat est loin d’être gagné ». L’hebdomadaire de mercredi note que le couvre-feu passe de 23 h à 4 h du matin pour Conakry, Coyah et Dubréka, alors que le port obligatoire des masques reste maintenu, et les mesures contre les contrevenants restent en vigueur.

« Kaporo-Rail et Kipé 2/ Le gouvernement ‘’efface’’ les preuves », titre aussi La Lance, qui rappelle qu’en février 2019, le gouvernement du Président Alpha Condé a chassé 1023 familles à Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimesse, en banlieue de Conakry avec le prétexte que ces domaines, « occupés illégalement »,  appartiendraient à l’Etat. Plus d’une année après, La Lance cite Alpha Oumar Diallo, le président du Collectif des victimes du déguerpissement, qui a fait remarquer lors d’une conférence de presse que «  le gouvernement est en train d’effacer toutes les preuves avant la visite de la Cour de justice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Selon Alpha Oumar Diallo, le gouvernement a détruit tout ce qui existait : mosquées, églises, écoles et maintenant, ils sont en train de transporter la terre et les gravats.

En sport, La Lance fait remarquer que quatre primes restent impayées au Syli local de foot. Après enquête et constats, le journal signale que parmi les 16 pays qualifiés pour le CHAN au Cameroun (Championnat d’Afrique des Nations réservé exclusivement aux joueurs locaux évoluant dans leurs pays respectifs), la Guinée serait la seule nation qui n’a pas encore payé les primes de ses joueurs locaux pour cette biennale du football continental.

Sur le débat sur la nouvelle Constitution, le débat est loin d’être clos. Dans L’Observateur,  Me Pépé Antoine Lama estime que la Cour constitutionnelle viole l’article 8 de l’ordonnance du 29 janvier 2020. L’avocat indique que « la justice de la CEDEAO demeure la dernière chance…»