Revue de presse : persistance de la crise sociale, polémique autour des résultats du bac, sortie de Lansana Kouyaté

août 6, 2018 3:28
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En plus de la crise sociale qui fait suite à la hausse du prix du carburant à la pompe, c’est la polémique autour des résultats du baccalauréat et la dernière sortie médiatique de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté qui continuent de faire la une des journaux guinéens.

« Guinée : débâcle au baccalauréat 2018- Le SLECG is… BAC », titre « Le Lynx ». « Le SLECG (Syndicat libre des gens-saignants et son leader, Aboub Soumah, s’engage à nouveau dans une « rébellion ». Si l’opposition réclame toujours les résul… tares des sélections communales du 4 février dernier, Soumah et ses ouailles ont soufflé sur la braise le 24 juillet à leur siège à Donka pour exiger eux aussi du gouvernement les vrais résul…tares des examens nationaux, notamment ceux du baccalauréat. Ils sont catégoriques, les résultats publiés par le mystère de l’Education nationale sont loin de refléter la réalité », explique le journal satirique.

Pourtant, poursuit « Le Lynx », certains membres du gouvernement ou des dignitaires ont laissé entendre que la crève des bouffes-la craie en février dernier est à la base des échecs, notamment au baccalauréat. Faux, rétorque Abou Soumah. Pour lui, les raisons sont entre autres. : « Le retard dans la tenue des ateliers régionaux, la précipitation dans l’organisation des examens, la tenue rapprochée entre les différents examens, la diminution du nombre de surveillants, de correcteurs, de secrétaires, alors que l’effectif des candidats a augmenté. Le choix des personnes qui ne sont pas enseignants dans la supervision et le secrétariat. Le manque de cahiers de brouillon, le retard dans l’acheminement des sujets, l’absence de délégués à certains endroits, la politisation des examens. Le décalage entre le nombre de correcteurs déclarés à certains endroits. Le décalage entre le nombre de correcteurs et effectifs ».

Notre confrère ajoute qu’ « au SLECG, les gens-saignants sont convaincus que le goubernement est en train de reprendre le concours d’accès à l’enseignement supérieur, de façon multiple, en déclarant les admis selon les places disponibles dans les universités publiques, et ignorer superbement les universités privées ».

« Le Démocrate » s’intéresse  plutôt à la réponse d’Alpha Condé à Aboubacar Soumah. Pour le journal, quelques jours après la sortie surprenante du général du SLECG, qui demande la publication des « vrais résultats » des examens nationaux, le Président Alpha Condé a semblé lui répondre à la cantonade. En tout cas, mentionne le journal, à en croire le conseil des ministres, à travers le compte rendu de sa session du jeudi 26 juillet, le chef de l’Etat a décidé de recevoir les « meilleurs lauréats » du baccalauréat 2018. Comme pour entériner défensivement les résultats des examens nationaux de cette année dont les 26, 4% du bac ont été jugés catastrophiques par l’opinion.

« En dépit de l’affaiblissement de la grève et la protestation contre la hausse du prix du carburant, les forces sociales de Guinée et le syndicat ne s’avouent pas vaincus. Ils ont décidé d’unir leur force le 30 juillet en signant un protocole d’accord et de partenariat. Cela en vue de revoir des stratégies et des actions à mener pour contraindre le gouvernement à revenir sur sa décision », relate « La Lance », faisant allusion à la décision du gouvernement de revoir à la hausse le prix du carburant à la pompe.

« Les forces sociales exigent, l’opposition réclame… Et le gouvernement récolte la tempête ! », tel est le titre du journal « Le Populaire ».

« Comme en 2007 sous feu le président Lansana Conté, à quelques exceptions près, une nouvelle dynamique citoyenne plus exigeante se profile contre le gouvernement qui s’entête à maintenir le prix du carburant à 10.000 FG malgré les revendications sociales. Beaucoup ne comprennent pas qu’en Guinée le gouvernement n’applique la flexibilité des prix que lorsque la tendance est haussière et jamais l’inverse. D’où la source de la frustration sociale actuelle. C’est clair que si le gouvernement avait respecté l’accord signé avec le Syndicat en 2016 en acceptant de diminuer le prix du carburant pendant que le baril coûtait moins de 30 dollars, il n’y aurait pas eu les revendications actuelles. Le gouvernement aurait eu plus de facilité maintenant-là à défendre l’augmentation. Mais pour n’avoir pas appliqué la flexibilité lorsque la tendance était baissière, c’est ce qui lui vaut la colère des populations », estime « Le Populaire ».

Plus loin, notre confrère ajoute : « Après sa marche pacifique, le 10 juillet, la Société civile et le Syndicat ont décidé désormais d’unifier leurs forces pour faire plier le gouvernement. Réunis autour des Forces sociales, l’inter-centrale Cntg-Ustg et les organisations de la Société civile sous l’impulsion de la Pcud ont projeté des manifestations simultanées à partir du lundi 16 juillet dans L’arrivée de Kassory Fofana au Premier ministère semble avoir porté la poisse au régime Alpha Condé qui fait face aussi à la revendication de l’opposition. A force d’avoir trop longtemps accepté d’être trompés et martyrisés par leurs dirigeants, les guinéens commencent à faire une prise de conscience et à réclamer plus de justice sociale et d’équité. Tout le pays, avant de les reporter pour cette semaine. Le porte-parole de la Commission des négociations de l’inter-centrale précise l’itinéraire de «la marche verte sur l’ensemble du territoire national. L’heure du départ pour l’ensemble des travailleurs qui sont à Conakry 1 et les 2 bureaux exécutifs, comme en 2007, ce serait à la Bourse du Travail. L’inter-centrale sera en compagnie de tous les responsables des Forces sociales guinéennes. Les autres communes de Conakry: Matoto, Ratoma, Dixinn, Matam, départ des mairies et tout le monde se converse au siège de l’Assemblée nationale. En même temps, à l’intérieur du pays, à 10 heures, toute la classe ouvrière et les forces vives de la nation converseront de bourses du travail vers le siège des préfets ».

 L’autre sujet abordé par « Le Populaire », c’est la dernière sortie médiatique de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté qui, de l’avis de notre confrère, ne fait plus semblant d’être opposant. « Depuis maintenant deux mois, jour pour jour, l’ancien Premier ministre et leader du Parti de l’espoir pour le développement national (Pedn) – qui fut éphémère vice-président de l’alliance électorale Rpg Arc-en-ciel qui a porté Alpha Condé au pouvoir en 2010 – multiplie les critiques acerbes contre le régime en place. L’autre jour sur les ondes de la radio Lynx FM, M. Kouyaté s’est moqué de l’opération anti-corruption lancée par l’actuel Premier ministre. Dans la foulée, il a « souhaité beaucoup de chance » à Kassory Fofana tout en espérant « qu’il ne s’arrêtera pas à mi-chemin ». En fait, Lansana Kouyaté qui fut Premier ministre de consensus en 2007 à la suite des événements douloureux de janvier-février de la même année, « croit vraiment » qu’une telle opération anticorruption « doit être systématique par la méthode et par des structures », ajoute « Le populaire ».

« Le Populaire » estime que de cette manière, Lansana Kouyaté tente encore de se dédouaner de toute mauvaise gestion ou autre détournement d’argent public durant son magistère. Ce qui n’empêche pas certains observateurs à revisiter la Bible qui conseille, en ces termes: «Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs».

« Ainsi, sur les  velléités d’un 3ème mandat prêtées au chef de l’Etat, Lansana Kouyaté ne se fait pas mordant : « on n’a pas de cœur pour savoir qu’un mandat de plus, ça serait un mandat de trop … », tels sont les propos de Lansana Kouyaté mentionnés par « Le Démocrate ».

Parlant de la corruption, le président du PEDN explique que ce phénomène est l’un des facteurs du retard de la Guinée. « La corruption est l’un des problèmes de la Guinée. Tout le monde sait ce qui se passe. Ça se fait même à ciel ouvert »,  souligne l’ancien Premier ministre dans les colonnes du journal « Le Démocrate ». Et de conclure : « Le bien de l’Etat est sacré.»