Revue de presse :  sanglante répression de la manif du FNDC, report des législatives…

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Les journaux de la semaine du 21 au 26 octobre ont traité largement la dernière sortie du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Cette marche qui a été suivie par une répression policière des manifestants contre le troisième mandat du président Alpha Condé, a été commentée par la presse imprimée sous plusieurs angles.

Ainsi, Le Lynx du lundi 21 octobre a plaqué à sa première page ce qu’elle a qualifié de ‘’répression violente’’ qui a tourné au drame : « encore sang pour sang ! »  Pour notre confrère, les manifestants sortis pour protester contre le troisième mandat du Président Alpha Condé ont subi des violences et des répressions ayant causé la mort de 10 personnes avec 70 blessés et 200 arrestations. Selon l’hebdomadaire satirique indépendant, cette marche du FNDC qui a paralysé la quasi-totalité du pays, a été un succès.

Le Lynx fera enfin l’écho de l’indignation et des réactions de la communauté internationale à travers les missions diplomatiques et des défenseurs des droits de l’Homme, suite aux scènes violentes qui ont secoué Conakry et les villes de l’intérieur les 14, 15 et 16 octobre. « Le peuple de Guinée a trop souffert, trop de sang, de larmes, de déplacements forcés, trop de citoyens ont subi un séjour carcéral pour des raisons politiques qui auraient dû être évitées depuis toujours. Cette tragédie, vous pouvez y mettre un terme aujourd’hui en annonçant le retrait de ce projet de nouvelle Constitution en faveur d’une concertation nationale sur la base d’un engagement solennel à ne pas briguer un troisième mandat »

Le Populaire, quant à lui lance une alerte face à la violence politique en Guinée. « Alerte rouge : déjà, 114 tués en 9 ans ! » Pour le journal, à chaque contestation politique en Guinée son chapelet de morts, de blessés, de mutilés à vie, de séquestrations, de pillages d’habitations et de commerces. « Durant la semaine écoulée, des manifestations ont fait plusieurs morts, des mutilés, des blessés et de nombreux dégâts matériels dans le pays qui enregistre déjà 114 morts en 9 ans de différend politique. Malgré ce lourd bilan des protestations, la société civile et l’opposition politique, regroupées au sein du Front National pour la Défense de la Constitution, annoncent de nouvelles journées de contestations… face à un régime devenu inflexible »

Le journal va alors relayer le cri d’alarme de l’Ordre national des avocats de Guinée qui s’inquiète de la situation qui prévaut dans le pays. « La recrudescence de la violence et au déclenchement infernal et inaccessible de violences dans un pays dont les équilibres politiques et communautaires, fragiles et précaires, ont plutôt besoin d’être préservés et mis à l’abri de toutes velléités »

L’Observateur du lundi 21 a réservé une partie de sa couverture au cas Abdrahamane Sanoh et compagnie arrêtés et jetés en prison par le pouvoir dès les premières heures des manifestations. Pour l’hebdomadaire d’analyse et d’informations générales, cette façon de faire du pouvoir forge la réputation de « sa bête à abattre ». C’est une manière de rendre cet acteur de la société civile populaire aux yeux des Guinéens.

Quant au Standard, c’est l’attitude des responsables du FNDC qui est mise en relief. Pour le confrère, le Front, malgré les appels à la retenue, ne veut rien entendre. « Rien n’y fera donc, même pas les appels presqu’unanimes de la communauté… FNDC remet ça !… En passant outre ces appels, nos deux politiques ne prennent-ils pas le risque de se mettre finalement sur le dos cette communauté ? »

La Lance du mercredi s’est intéressée à la Commission Electorale Nationale Indépendante qui serait désormais sous la tutelle de l’Organisation Internationale de la Francophonie. « Apparemment, le processus électoral guinéen est devenu l’eldorado des diplomates et experts électoraux de l’Organisation Internationale de la Francophonie …L’envoyé spécial de la Secrétaire générale de l’OIF pour la Guinée…n’est autre que l’ancien ministre malien, Tieman Coulibaly, une nouvelle de Siaka Sangaré qui se pointe à l’horizon…Les mauvaises langues arguent que le Président Alpha Condé s’est tourné vers le médecin OIF pour sauver la malade CENI. »