Revue de presse : tournoi de reconnaissance de Fouta à Alpha Condé, condamnation de Paul Moussa, débats sur une nouvelle constitution

avril 22, 2019 3:21

Les journaux de cette semaine se sont fait l’écho du tournoi de football dénommé « Tournoi de reconnaissance des populations de Fouta Djallon au Président Alpha Condé » organisé par le ministère de la Jeunesse. La menace de grève du SLECG qui planait sur le pays, a été aussi évoquée par nos confrères. La condamnation de l’ancien directeur général de l’Office Guinéenne de Publicité aussi occupé plusieurs pages des journaux de la semaine sans oublier l’épineux problème de la nouvelle constitution pouvant aboutir sur un éventuel troisième mandat pour le Président Alpha Condé.

Ainsi, pour l’Observateur du lundi dernier, le tournoi de reconnaissance organisé par le ministère de la Jeunesse n’est autre chose que l’illustration du comportement d’ « une jeunesse corrompue et inconsciente.» D’ailleurs ce journal va jusqu’à s’interroger : «… Le Fouta doit quelle reconnaissance au Président Alpha Condé ? D’avoir refusé la justice à ses filles et fils victimes des crimes contre l’humanité, le 28 septembre 2009 ? D’avoir fondé Manden-Fouta Djallon pour créer des conflits intercommunautaires à l’intérieur de Fouta…? D’avoir systématiquement discriminé, stigmatisé…, d’avoir tué de façon ciblée, 106…enfants à Conakry et détruit les (Ndlr) biens (boutiques et maisons) ? »

Pour l’hebdomadaire donc, le ministre Mouctar Diallo devient un démarcheur du Président Alpha Condé pour l’achat de conscience en faveur d’un troisième mandat. « Quelle motivation peut-elle animer Mouctar Diallo dans une telle démarche d’achat de conscience au profit de la promotion du troisième mandat de son mentor »

Quant au « Lynx » du lundi 15 avril, le ministre Mouctar Diallo est « le pou du Président Alpha Condé ». C’est ainsi qu’il a marqué à sa Une : « Mouctar, le pou du Grimpeur ! » Le journal traite le ministre de la Jeunesse de ‘’menteur’’ qui est allé raconter des mensonges aux populations du Fouta… « Malgré sa jeunesse, Mouctar Mbatoula a puisé à cette vénéneuse source. Il sait qu’il ment. Il sait que sa femme sait qu’il ment. Tous ses voisins savent qu’il ment. Dans son parti, les Nouvelles Forces Démocratiques devenues démoniaques, ils savent qu’il ment. Pita sait qu’il ment tout comme Maci, Gongorè, Bantinghel…Timbi-Madina… Ce Mouctar se déculotte assez tôt et dévoile son insondable médiocrité. Ses faits et gestes portent la marque des politiciens médiocres… »

 « Le Démocrate » du mardi 16 avril, s’est fait l’écho de la plainte des magistrats guinéens contre le député Amadou Damoaro Camara. Selon le journal, la décision de poursuivre le Damaro a été prise au cours d’une assemblée générale. Ce jour-là, les magistrats ont profité de la rencontre pour parler de l’augmentation de leurs salaires. « La question de sécurité des magistrats est essentielle pour nous puisque les propos qui ont été tenus sont de nature à jeter l’anathème, le discrédit, le manque de considération sur les magistrats et à pousser les citoyens à se révolter contre eux. Donc, leur sécurité nous concerne et nous préoccupe sérieusement. Damaro a dit que tout est fait pour nous. C’est pourquoi nous avons discuté de tout. Ce tout concerne le traitement et les accessoires de salaires, la pension de retraite, le budget des juridictions… », dira Mohamed Aly Thiam, président de l’association des magistrats de Guinée, cité par le journal.

« La Lance » du mercredi 17 avril a ouvert sa page 9 sur la condamnation du l’ancien directeur de l’Office Guinéenne de Publicité. Le confrère a recueilli les réactions des avocats de la défense et de la partie civile. Selon le journal, Me Salifou Béavogui, avocat de la défense, pense que Paul Moussa Diawara et son comptable ne méritent pas la prison : «je suis encore attristé de voir un innocent condamné, conduit en prison pour des infractions dont il ne s’est pas rendu coupable… Aujourd’hui, les plus forts ont gagné. Ce n’est pas le droit qui a été dit parce que tout au long de cette procédure, mon client n’a rien reconnu ». Par contre, l’avocat de la partie civile s’est réjoui de la décision du tribunal. Pour lui, selon toujours, « La Lance », ce verdict signe la fin de l’impunité: «le droit vient d’être dit… Le droit a été proclamé à travers la sentence qui a été prononcée. Je crois que cela sonne désormais le glas de ceux qui détournent les derniers publics », a dit Me. Lancinet Sylla au sortir du procès