Rumeurs sur la hausse du prix du carburant: le pied de nez de Sidya au gouvernement

juin 30, 2018 8:19
0

 «Personne n’est obligé de passer un accord avec le FMI »

Les autorités guinéennes auraient  un gap financier d’environ  mille milliards sur la taxe des produits pétroliers. En séjour en Guinée au mois d’avril dernier, des missionnaires du FMI ont demandé au gouvernement guinéen d’augmenter le prix du carburant à la pompe. Ce, pour maintenir sa collaboration avec la Guinée. Mais pour l’économiste Sidya Touré, président de l’Union des Forces Républicaines et Haut Représentant du chef de l’Etat, aucun pays n’est obligé de passer un accord avec le FMI.  L’ancien Premier ministre a fait cette déclaration le vendredi 29 juin chez nos confrères de la Radio Espace.

«Quand vous allez négocier un accord avec le FMI, on vous  explique un certain nombre de choses à savoir par exemple que votre économie doit être conforme à un certain nombre de critères, l’inflation doit être à ce niveau, les réserves de change doivent être à ce niveau, les recettes doivent être à ce niveau etc. Parmi ces critères, si on aperçoit que vos recettes ne sont pas suffisantes pour couvrir les dépenses que vous faites, on vous demande alors de couvrir le gap », a-t-il précisé.

Poursuivant, le leader de l’UFR affirme que  ces suggestions ne son pas non plus des obligations pour le pays qui est sous programme avec le FMI. Le Ghana par exemple a refusé d’avoir un accord avec le FMI. Ils ont dit qu’ils vont faire leur économie eux-mêmes. Et c’est le pays, contrairement à ce que l’on croit, qui aujourd’hui a le plus grand taux de croissance de huit et demi pourcent  plus que la Côte d’ivoire.  Donc, chacun gère son pays comme il veut le gérer. Si vous vous asseyez pour dire, nous, nous dépensons n’importe comment jusqu’au jour où il y aura des déficits. Quand on vient, on vous dira couvrez les déficits », a-t-il brocardé la gouvernance économie qui est un problème en soit.

« Quand vous me dites que le carburant est plus cher en Côte d’Ivoire, mettez en rapport le niveau de vie de la Côte d’Ivoire avant de parler du prix du carburant  en Guinée», a-t-il interpellé.

Répondant à la question de la nécessité de rehausser le prix du carburant, le Haut Représentant du chef de l’Etat a répondu en ces termes : «aujourd’hui, il est nécessaire que les Guinéens maitrisent les dépenses publiques et que les recettes guinéennes rentrent au Trésor public. Quand ils feront cela, vous verrez qu’il y a des sources d’économie, c’est évident », a-t-il affirmé.