Santé : la Guinée a un seul hôpital digne de nom (députés)

septembre 15, 2018 10:18
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Les députés de la commission santé de l’assemblée nationale ont mis  à nu les défaillances du système sanitaire guinéen . En plus de la vétusté des infrastructures, ils déplorent l’inexistence du matériel logistique et l’absence  du personnels qualifié dans les structures sanitaires notamment de l’intérieur du pays. Ils l’ont fait savoir ce vendredi 14 septembre 2018 au cours d’une conférence de presse qui marque la fin d’une série de visites entamée depuis 2017 dans les hôpitaux, centres ou postes de santé des localités de l’intérieur du pays et de Conakry. 

Au total, la commission santé  accompagnée des partenaires sociaux a visité 51 structures sanitaires dans les quatre régions naturelles de la Guinée. Partout, le constat est alarment. Selon Ben Youssouf Keita, député national de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) en même temps  président de cette commission, il y a encore du chemin à faire dans ce domaine.  

« Le constat général n’est pas du tout satisfaisant. Car, les infrastructures hospitalières datent de la période coloniale en commençant par l’hôpital Ignace Deen appelé à l’époque hôpital Balai construit en 1901, c’est-à-dire nous sommes aujourd’hui 117 ans rénové une seule fois en 1974. Aujourd’hui, il est totalement vétuste. 70% du matériel utilisé dans nos hôpitaux sont vétustes. Donc, la vétusté du matériel accompagne la vétusté des infrastructures. N’oubliez pas qu’en dehors de la période coloniale, c’est seulement en 1963, lors  du plan triennal du feu Ahmed Sékou Touré, les préfectures ont été dotées d’infrastructures hospitalières, mais aujourd’hui il n’y a ni eau, ni électricité pratiquement et dans certains endroits vous trouvez même le matériel qui date de la 2éme guerre mondiale. Nous avons des bons cadres, des bons médecins et même des spécialistes venus de l’étranger souvent même qui travaillent bénévolement . Mais, malheureusement, ils n’ont pas de matériel de travail. Donc, c’est vous dire que nous avons beaucoup à faire et le constat n’est vraiment pas reluisant » regrette le député

« Au moment où je vous parle, à l’Hôpital Donka,  les malades sont au camp Boiro  qui est transformé en hôpital temporaire.  A l’hôpital Sino-guinéen, c’est l’unique infrastructure  hospitalière dans ce pays qui répond aux normes. Mais malgré cela,  il y a un manque de matériels ; le cas le plus frappant, c’est par exemple, le scanneur. Le scanneur qui est à sino-guinéen est de 2 barres, alors qu’il faut 64 barres. Il y a un manque criard d’équipements », a-t-il déploré. 

Parlant des centres médicaux communautaires qu’on appelle les CMC, le Ben Youssouf  dira : « Nous avons par exemple à Flamboyant que nous avons visité hier, qui était conçu comme un centre de santé. Mais aujourd’hui, il joue pratiquement le rôle d’un hôpital préfectoral à cause de la fréquentation de la population et à cause de la qualification du personnel qui y travaille. Malheureusement, il n’y a pas de moyens, les matériels n’existent pas, ceux qui existent sont vétustes. »

Le budget alloué au secteur de la santé est trop faible. D’où l’impossibilité du département à faire face à ces problèmes estime honorable Ben Youssouf Keita. C’est pourquoi il est convaincu que seule l’augmentation de ce budget à 15 % contre 8 actuellement pourra changer cette situation.

« Cela se comprend, car nous avons un budget infirme pour la santé. Nous sommes actuellement à 8,2%, nous étions à 2,3%. En 2017, après notre tournée à l’intérieur du pays, nous avons plaidé et avec l’ensemble des députés, nous avons réussi avec le gouvernement à faire passer le budget de 2,3% à 8,2%. Mais même dans ces 8,2%, 95% de ce montant sert à payer le personnel médical. Et le reste peut être juste pour acheter quelques médicaments. Donc vous voyez combien de fois la situation est alarmante », a conclu le député.  

Cette première étape de visite concernait les structures sanitaires publiques de Conakry et de l’intérieure du pays. Par la suite, les députés vont entamer une visite dans les centres et cliniques privées avant de terminer par les Îles, ont-ils fait savoir.