Scandale financier : un parfum de détournement de 100 millions GNF sent aux impôts  de Siguiri   

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Photo d'archive

La section préfectorale des impôts de Siguiri est actuellement secouée par un scandale de détournement portant sur une bagatelle de 100 millions de francs guinéens. Ce fonds représenterait la valeur des recouvrements non-déclarés qui seraient effectués par le service préfectoral des impôts dans les 12 communes rurales de Siguiri, apprend-on d’une source officielle.

Par exemple, dans la commune rurale de Doko, le maire dénonce des dysfonctionnements qu’il a constatés au niveau de la perception des impôts dans sa localité.

« Pour plus de transparence, nous avons demandé à ce que les agents des impôts soient accompagnés par des jeunes de la localité. Mais à un moment des recouvrements, les agents recouvreurs des impôts refusent toute collaboration avec nos jeunes. Ensuite lors du premier compte rendu après six mois de recouvrements, le service des impôts a présenté une somme de 98 millions de francs et le compte de notre commission affichait à ce moment 112 millions de fg. En comparant les deux recouvrements, on se rend compte qu’il y a un écart de 13 millions fg… Le cas le plus frappant, c’est le fait que durant les recouvrements d’impôts au cours des 7 mois, il n’y a eu aucune prévision ni de recensements pour connaître le nombre de contribuables dans la commune rurale de Doko », a fait remarquer Djémory Diabaté, le maire de Doko.

Dans la commune rurale de Franwalia, les agents contractuels évoluent de façon incontrôlée et effectuent les recouvrements sans l’accord du maire, nous dit-on.

« D’abord, cette section des impôts est abandonnée entre les mains des agents stagiaires et contractuels qui évoluent dans la plus grande opacité. Ils passent dans ma commune pour les recouvrements sans aucun compte rendu. Après six mois de recouvrements, ils ont présenté une somme de 6 millions à la commune. Alors que nous avons une prévision de 30 millions. Ils sont incapables de donner le nombre de contribuables dans les communes rurales », fustige Almamy Camara, le maire de la commune rurale de Franwalia.

En outre, une autre source révèle la volatilisation d’une somme de plus de 60 millions de francs après un mois de ‘’recouvrements clandestins’’.

« Au mois de mars 2019, les recouvrements dans les communes rurales de Nabou et Franwalia n’ont pas été déclarés. Alors qu’ils avoisinent la somme de 50 millions de fg. Cela se passait dans la plus grande clandestinité », accuse cette source qui a requis l’anonymat.

Par ailleurs lors de leur dernier Conseil d’administration, la section préfectorale des impôts par la voix de Therna Condé, le Receveur à la section préfectorale de Siguiri, a tenté comme il le peut de dissiper ces soupçons de détournements qui pèsent sur leur service : « nous avons commencé les recouvrements au mois d’avril à cause des problèmes liés aux élections. En plus, nous n’avons fait seulement que 3 mois de recouvrements. C’est pourquoi nos statistiques sont en baisse. En plus, nos agents rencontrent beaucoup de problèmes dans les localités où ils opèrent. La liste des contribuables a retardé dans les communes rurales. Et les impôts sont partagés entre les budgets communal, préfectoral et national. »

Au-delà de ces accusations de détournements, il faut rappeler que la quasi-totalité des agents des impôts de Siguiri sont composés de stagiaires. Selon nos informations, la section préfectorale des impôts est à 98% constituée de stagiaires qui s’occupent des opérations de recouvrements.

« Tout le monde veut envoyer son enfant au niveau de la direction des impôts à Siguiri. Nous n’y pouvons rien contre. Ensuite, la quasi-totalité des agents sont des stagiaires. C’est la raison pour laquelle la situation est compliquée », nous a rapportés, sous le sceau de l’anonymat, un cadre de la section impôts de Siguiri.

En attendant, la commune urbaine de Siguiri table sur un milliard dix millions de francs guinéens au titre des prévisions de recouvrement des impôts pour 2019.

Selon certaines informations recueillies pendant nos investigations, aucune commune ni urbaine ni rurale n’a atteint les 40% de recouvrements depuis le mois janvier jusqu’au début de ce juillet.