Scrutin du 18 octobre : Ousmane Gaoual dit avoir compté une vingtaine de circonscriptions à plus 100% de votants

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L’organe de gestion des élections en Guinée, la CENI, a déposé son rapport à la Cour constitutionnelle qui est le juge électoral. Lors d’une conférence tenue ce 5 novembre au siège de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) à Cobayah, dans la commune de Ratoma, Ousmane Gaoual Diallo s’est étonné du fait qu’aucune anomalie n’a été constatée dans certaines circonscriptions de la Haute Guinée.

« Nos concitoyens de la Haute Guinée votent bien. Si vous parcourez le rapport de la CENI, il n’y a aucune anomalie à Kankan, Mandiana, Kérouané.  C’est-à-dire que 100% des électeurs de ces préfectures votent bien, sans bulletins nuls, sans aucune anomalie », a-t-il indiqué, avant d’accuser les commissions de centralisations des votes (CACV) de s’être substituées au juge électoral  et la CENI de parjure : « Les CACV se sont substituées au juge électoral pour décider de mettre à l’écart des procès-verbaux dont ils n’ont pas le pouvoir. Deuxièment, la CENI, qui est l’organe qui gère les élections, a fermé les yeux sur cette violation de la loi. Troisièmement, la CENI elle-même viole la loi parce qu’elle-même crée des bulletins nuls lorsqu’elle fait la totalisation au détriment d’un candidat. Et elle fait le parjure parce qu’elle-même reconnait qu’il y a des circonscriptions où on a voté plus de 100%. Je crois qu’il y a 15 ou 20 préfectures où on a voté à plus de 100%. »

Selon lui, la CENI justifie ce surplus par le fait qu’il y aurait des dérogations. Mais là aussi, le responsable de la cellule de communication de l’UFDG rappelle que la loi n’autorise pas plus de 10 dérogations par bureau de vote : « Dans certains cas ils indiquent qu’il y a des votes par dérogation, 100 ou 200 personnes. En réalité la loi autorise 10 votes par dérogation, or comme il y a 12 candidats, il n’y avait même plus de possibilité de vote par dérogation. Si les 12 délégués des candidats sont présents dans un bureau de vote, eux-mêmes vont avoir du mal à voter, parce qu’ils dépassent le quota indiqué. »

Revenant sur les dernières violences qui ont occasionné plusieurs morts, Ousmane Gaoual Diallo accuse les magistrats qui ont présidé les CACV et la CENI : « Les magistrats qui ont présidé les CACV sont les premiers responsables des assassinats des enfants à l’occasion des événements. Ils sont les premiers responsables parce que ce sont ceux qui falsifient la vérité. Le deuxième responsable à ce niveau c’est la CENI. Il faudrait que les magistrats guinéens qui ont été déployés dans les 38 circonscriptions en Guinée et le président de la CENI considèrent qu’ils sont à l’origine de l’assassinat des jeunes guinéens qui sortent exprimer leur mécontentement par rapport aux résultats qu’ils donnent. Ce sont eux les exécutants, ce sont eux qui tuent les enfants dans les quartiers. »

« Nous voulons rappeler également que la situation de notre pays exige de nous, exige de la Cour constitutionnelle, exige de chaque Guinéen, d’aller rechercher la vérité parce que la Guinée est au bord du pcipice. Personne n’acceptera une vérité différente de celle exprimée par les Guinéens dans les urnes », a-t-il conclu.

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