Séparation des pouvoirs : Un spécialiste en gouvernance propose l’élection du pouvoir judiciaire en Guinée

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Dans une démocratie, il y a trois pouvoirs séparés les uns des autres. Mais en Guinée, comme dans plusieurs pays africains, il n’y a que deux pouvoirs qui sont élus : l’Exécutif et le Législatif. Le Judiciaire, lui, est nommé par l’exécutif.

Ce qui pose souvent le problème d’indépendance de la justice, car quand ceux qui la composent sont nommés, ceux-ci se voient souvent obligés d’appliquer les vœux de celui qui les a nommés au risque de perdre leur poste.

Et cela a de nombreuses conséquences sur le peuple guinéen au nom duquel des décisions sont prises par la justice.

Alors, pour éviter cet état de fait, ou tout au moins, le minimiser, Dr Oumar Diallo, spécialiste en gouvernance et politiques publiques, estime qu’il faut que ceux qui composent les cours et tribunaux soient élus comme le sont les députés et le président de la République.

« Au niveau de la Cour suprême, il y a le premier président, les deux présidents de chambres, il y a les dix conseillers, il y a le procureur général, il y a le premier avocat général et les deux avocats généraux. Ensuite, il y a les autres éditeurs, et ainsi de suite. Pour moi, ceux-ci ne doivent plus être nommés, mais élusPour que la justice soit indépendante, il faut que ceux-ci soient élus comme dans beaucoup d’autres pays», a-t-il affirmé en marge d’une conférence de presse animée à Conakry ce 14 mars 2020.

L’élection doit concerner aussi les responsables au niveau des tribunaux de première instance. « Ainsi, poursuit-il, les présidents des tribunaux de première instance et leurs juges doivent être aussi élus, mais pas nommés. Cela va changer beaucoup de choses en Guinée, parce que si tu es élu par le peuple tu vas mieux obéir à la loi, tu vas respecter plus la loi. Mais si c’est quelqu’un qui t’a nommé, tu sais si tu ne fais pas ce qu’il te dit il pourra t’enlever. Mais si c’est le peuple qui t’a mis là et tu sais que tu dois être réélu si tu veux un 2ème mandat, tu dois faire attention à ce que ton peuple dit ou sur quoi marcher selon la loi. »

Selon certains observateurs, même si les magistrats sont élus, ils peuvent toujours se soumettre à l’exécutif contre certains avantages s’ils ne sont pas intègres, citant par le fait que les députés sont élus, mais au lieu de soutenir le peuple qu’ils représentent à l’Assemblée nationale, suivent les ordres de l’Exécutif.