Séquestration de Dalein : un coup de canif à la démocratie  

0
480

Enhardi par la position de la communauté internationale, qui a certifié de manière subliminale le  scrutin présidentiel du 18 octobre, ce malgré les couacs enregistrés dans bien des circonscriptions électorales du pays, le pouvoir de Conakry vient d’émettre des signaux de son durcissement. La privation de liberté de son principal opposant, Cellou Dalein Diallo, séquestré depuis mardi dans sa résidence de Dixinn est l’illustration parfaite de cette volonté du système d’affermir son autorité.

Séquestrer son challenger au lendemain d’un scrutin présidentiel, est un classique des pays où l’exécutif manque  d’oxygène.

En attendant d’avoir une communication officielle sur les intentions  qui sous-tendent cette séquestration de Cellou Dalein Diallo, certains observateurs font le lien de ces déboires du candidat de l’Union des forces démocratiques de guinée (Ufdg) avec son auto-proclamation faite la veille comme le véritable vainqueur de la présidentielle.

Un crime de lèse-majesté qu’il ne fallait surtout pas commettre, en témoigne la levée de boucliers provoquée par cette sortie au sein du gouvernement et de la Ceni. Cette dernière n’entend nullement  faire bon marché de sa prérogative, étant la seule institution habilitée à proclamer les résultats de l’élection.

Il faut rappeler que les scènes de liesse provoquées par ce discours de l’opposant avait dégénéré dans maints endroits. Causant des pertes en vies humaines à Conakry et Kissidougou, ainsi que des dégâts matériels importants, consécutifs à des actes de vandalisme.

Pour revenir à la séquestration de Dalein, il s’agit là ni plus ni moins d’un  coup de canif  porté  à la démocratie qu’on ambitionne de bâtir. Et de tels actes  ne peuvent qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui  continuent  de s’opposer à la présidence à vie, avec son lot de dérives autoritaires.

Cette façon de mettre à la raison tous ceux qui n’embouchent pas la même trompette que le pouvoir devait cesser.