Série de kidnappings d’enfants à Faranah : le Procureur sort de ses gonds et ouvre une enquête

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Depuis le 29 avril, le phénomène de kidnapping d’enfants se multiplie dans la commune urbaine de Faranah. Ce regain d’enlèvements d’enfants ciblant a priori les jumeaux, sème aujourd’hui une véritable psychose dans l’esprit des populations.

En l’espace d’une semaine, on a assisté à trois cas de tentatives d’enlèvement d’enfant notamment des jumelles. Les deux premiers cas se sont produits dans le quartier Tonkolonko 1, précisément dans les secteurs Amilcar Cabral et de la Citée du Niger respectivement les 29 avril et 2 mai.

S’agissant du premier cas, une jumelle de près de 5 ans qui a été enlevée aux environs de 21 heures lorsqu’elle dormait dans la chambre de sa mère lorsque celle-ci regardait la télévision au salon avec d’autres membres de la famille. L’auteur l’a traînée dans un puits sec de 5 mètres de profondeur et situé à moins d’un kilomètre du domicile de la fillette. Après l’avoir jetée dans ce puits, il prendra soin de couvrir le puits par des branchettes mortes d’arbre et l’enfant n’a été retrouvée que le lendemain aux environs de 11 heures.

Pour le deuxième cas, c’est une femme qui a tenté d’enlever une jumelle aussi quand cette dernière jouait avec ses camarades dans le même quartier de Tonkolonko 1. Sa ravisseuse lui aurait demandé de l’accompagner…

C’est le petit frère de la fillette enlevée qui suivait l’action, qui aurait couru pour informer leurs parents. Aussitôt, ceux-ci ont lancé la recherche dans tout le secteur. C’est finalement une des sœurs de la fillette qui l’a vue à distance et l’a appelée. Automatiquement, la femme a lâché la fillette pour s’en fuir dans la brousse vers le camp militaire.

Le 4 mai dernier, dans le quartier Mosquée, une autre fille du nom de Hawa Diané âgée de 11 ans a échappé à une tentative d’enlèvement. Sur les circonstances de son kidnapping, la rescapée explique : « j’étais allée pour me faire tresser. Une femme m’a demandée de lui acheter quelque chose. Je lui ai répondu que mes parents m’ont mise en demeure de prendre l’argent des gens pour leur payer quoique ce soit. Elle était avec un homme qui avait un sac en main. Je ne les connaissais pas et je ne peux plus les reconnaître. Sur coup, l’homme m’a aspergée avec un produit gazeux. Du coup, je me suis mise à les suivre inconsciemment. Nous sommes remontés vers la Citée Niger. Quand nous y sommes arrivés, ils m’ont enfermée dans une chambre où il y avait déjà une autre fillette. Celle-ci était couchée. J’ai dit à cette fillette que sommes au domicile des voleurs d’enfants. Ils ( les voleurs d’enfants) ont fermé la porte à clé en laissant la clé double sur le lit.  C’est ce que j’ai utilisé pour ouvrir la porte. Lorsque nous nous sommes enfuies, je suis allée vers la Mosquée des Wahabites. C’est là qu’une femme m’a vue et m’a demandé de mes parents. Je lui expliqué je suis la fille de Sanfan Sory. C’est ainsi qu’elle m’a conduite vers là. »

Pour beaucoup d’observateurs, le quartier Tonkolonko 1 serait le nid de ces malfaiteurs.
Par ailleurs interrogé sur ce phénomène par Guinée, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Faranah, Mamadou Lébéré Baldé a affirmé avoir été informé sur des cas de tentatives d’enlèvement d’enfants.  Ce qui lui a permis de demander à ce que les services de sécurité entrent en action pour pouvoir débusquer les auteurs de ces infractions.

«…Ces derniers jours, on a appris qu’il y a par-ci et par là des tentatives d’enlèvement d’enfants. Je tiens à rappeler d’abord que l’enlèvement d’enfant est une infraction purement criminelle et la tentative également consiste à un commencement d’exécution d’un fait illicite même si une cause étrangère en n’empêche la réalisation. Et en matière criminelle, même la tentative elle est punissable. Quand on a appris l’information, on a mis les services de sécurité en branle pour qu’ils puissent procéder à des enquêtes approfondies pour voir éventuellement si on pourra mettre main sur les présumés auteurs de ces infractions. Et une fois qu’ils sont présentés à la justice, le tribunal ne va pas douter un seul instant comme il a l’habitude de le faire de les faire juger et de les faire condamner conformément aux dispositions de la loi. S’il y a un appel à lancer, c’est vis-à-vis des autorités administratives ainsi que toute la population. Il faut qu’on multiplie la vigilance afin qu’on puisse stopper ce genre de pratique. Il faut forcément que chacun puisse également être vigilant pour ne pas que ce genre d’infraction soit commis au niveau de notre essor. Mais une fois qu’on va réussira à interpeller un présumé ravisseur en train d’enlever un seul enfant au niveau de Faranah, on va restaurer l’autorité de la loi et celle l’État », a prévenu le Procureur de la République près le TPI de Faranah.

Aujourd’hui nombreux sont citoyens qui s’interrogent sur les motivations réelles de ces enlèvements devenus récurrents dans la commune urbaine de Faranah ces temps-ci. Si personne ne peut avec exactitude c’est pour telle ou telle raison, il faut rappeler que certains s’évertuent cependant à avancer des hypothèses pour expliquer ce fléau. Parmi ces hypothèses, reviennent régulièrement le trafic d’organes et des sacrifices d’enfants, généralement commandités par des personnes en quête du pouvoir ou de richesses.