Sevrées d’énergie, les populations de Faranah menacent de boycotter les législatives du 16 février

0
822

Après la marche pacifique des élève-maîtres de l’ENI hier jeudi, les populations de Faranah à majorité constituées de jeunes se sont puissamment mobilisées dans les rues de la ville ce vendredi, pour exprimer leur ras-le-bol, à cause du manque de courant, a-t-on constaté sur place.

Munies des pancartes sur lesquelles étaient écrits « pas de courant, pas de vote »,  ces jeunes ont  marché dans la tranquillité,  pour réclamer le courant.

À 10 heures, les manifestants se sont donné rendez-vous au rond-point Tonkolonko. Du rond-point Tonkolonko, ils ont pris d’assaut la ville, en passant par le marché central puis le quartier Abattoir, la préfecture, le gouvernorat et le siège de l’EDG, avant de finir par le quartier Aviation et Mosquée.

Au gouvernorat, les jeunes ont refusé d’écouter le gouverneur, Sadou Keita.  Partout où les jeunes passaient, ils étaient ovationnés et acclamés par les populations, surtout les femmes.

La foule de manifestants scandaient des slogans tels que : « pas de courant, pas de vote »; « Gouverneur zéro »; « EDG zéro »; « Préfet zéro ».

Dans les propos virulents, un des manifestants affirmait : « Alpha Condé nous a oubliés. Pas de courant, pas d’élections; pas de courant, pas de vote; nous donnons un carton jaune au gouvernement », avant de projeter une nouvelle marche le lundi prochain.

Accroché par notre reporter, un responsable des manifestants, Cissé Bangaly, explique le mobile de la manifestation, en ces termes : « nous, jeunes de Faranah, nous réclamons le courant électrique, car nous payons mais on n’a pas le courant. Avant on recevait le courant 1 jour sur 2, puis 1 jour sur 3. Actuellement, nous sommes à 1 jour sur 4. La facture ne change pas; on paye le courant, on ne gagne pas le courant. Ce n’est pas autre chose. La première fois aujourd’hui, on est sorti, on n’a pas gâté. Aujourd’hui, c’est un appel solennel à l’État, au gouvernement. C’est un carton jaune contre le gouvernement. Les jours à venir, on va  manifester comme les autres le font. Donc, si l’État ne prend pas les précautions, la population de Faranah prendra les précautions possibles », a-t-il lancé.

Les gens de Faranah disent que le président Alpha Condé les a oubliés et qu’ils  n’ont  rien là-bas.

Selon un responsable de la société d’électricité de Guinée (EDG),  à Faranah, la puissance installée est nettement inférieure à la demande, soit 1,4 Mgw et ce groupe est fatigué.

Ça ne donne plus exactement les 1,4 Mgw d’où la formule de 1 jour sur 3, pour desservir la population.

Pour que la population de Faranah ait le courant aujourd’hui, au même moment il faut une puissance produite de 5 mégawatts, qui est l’actuelle demande, selon ce technicien.

À noter qu’au quartier Mosquée, les jeunes ont suspendu la manifestation dans l’espoir de reprendre le lundi prochain, avant de se disperser.