Sidya Touré aux Guinéens : « Vous avez 30 jours de combat à mener pour que l’affaire du 3ème mandat tombe à l’eau »

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L’opposition plurielle s’est réunie ce vendredi 13 mars à la résidence de l’ancien Premier Sidya Touré, pour dit-on, se prononcer sur les dernières informations en provenance de la CENI quant à la suite du processus électoral.

Au sortir de cette réunion qui a duré près de deux heures, le président de l’Union des Forces Républicaines (UFR) a rappelé que la mission des experts de la CEDEAO a fait un constat, même pas sur le fichier, mais sur le rapport de l’OIF. Il s’étonne de la rapidité avec laquelle la CENI a agi en prétendant avoir corrigé toutes les imperfections au niveau du fichier. « La CEDEAO a adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères mercredi. Et jeudi, non seulement la CENI prétend avoir corrigé toutes les imperfections que nous demandons depuis un an, mais elle était déjà prête à fixer une date. Ce qu’elle a fait depuis hier. Le décret arrive aujourd’hui. Je crois il faut qu’on soit sérieux dans notre pays », a-t-il déploré.

Et de poursuivre : « Le rapport de la CEDEAO démontre quelque chose d’extraordinaire. Sur 12 millions d’habitants, le recensement de la CENI a produit au moins 11 millions 500 mille électeurs. Donc hors étranger, nous avons 100% de votants en Guinée ; alors que la moyenne dans la sous-région est de 40 à 42%. En Côte d’Ivoire c’est même moins. Automatiquement, ce genre de fichier, vous le mettez à la poubelle. On a, parait-il, travaillé dessus, on est arrivé à 8 millions 300 mille électeurs. Ensuite, on a fait une cuisine interne, on est arrivé à 7 millions 700 mille électeurs. Mais au bout, on a décidé de sortir 2 millions 500 mille électeurs. C’est le tiers du fichier. Comment voulez-vous parler d’un fichier dont le tiers a été déjà jeté ? Il n’y a plus de fichier ».

Abordant l’aspect technique, Sidya Touré dénonce le fait que le retrait des 2,5 millions électeurs du fichier ne soit pas suivi de celui des cartes d’électeurs déjà et l’annulation des bureaux conformément à ce chiffre. «Aujourd’hui, si nous revenons sur l’aspect technique, non seulement le tiers du fichier, semble-t-il, il a été enlevé du fichier, nous n’avons aucune preuve que ça été fait. Mais ce que nous ne pouvons pas certifié, c’est que s’ils ont été enlevés dans le fichier central, les cartes d’électeur ont déjà été émises pour ces 2,5 personnes. Ils ont enlevé les fictifs du fichier électoral, comme ils le prétendent, puisque nous n’avons pas les preuves, mais les cartes d’électeurs ont déjà été émises. Elles ont déjà été réparties dans les bureaux de vote qui n’ont pas changé. Si vous avez 7 millions 700 mille électeurs pour 19 mille bureaux de vote, si vous enlevez le tiers, ça veut dire que le tiers des bureaux de vote disparait. Aujourd’hui, on devait avoir 6 mille de bureaux de vote qui ont disparu. Rien n’a été signalé. Du jour au lendemain, vous convoquez le corps électoral, vous dites voilà nous allons faire les élections demain. Il faut qu’on arrête cela. Voilà où est-ce que nous en sommes en ce qui concerne cet aspect technique », a-t-il dénoncé.

Pour l’ancien Premier ministre, les élections législatives n’ont jamais été la préoccupation d’Alpha Condé. Le problème, estime-t-il, c’est qu’il faut absolument faire le référendum avant que nous ne tombions dans les délais légaux au niveau de la CEDEAO qui empêcheraient cela », a indiqué l’ancien Premier ministre.

 Il estime également que le pouvoir en place est dans ce qu’il qualifie d’une course contre la montre sur les 30 jours qui arrivent. « C’est pratiquement une course à mort. Je dis, tout ceci n’est pas régulier, il n’est pas conforme à la loi. Tout ceci ne doit pas permettre qu’on puisse continuer à travailler de telle façon », a ajouté le président de l’UFR.

 « Donc nous avons dit très clairement que nous récusons cette démarche. Et nous allons demander à nos compatriotes, à tous les Guinéens, vous avez encore 30 jours de combat à mener pour que l’affaire du 3ème mandat tombe à l’eau. Donc, il faut se lever. Et nous allons faire en sorte que les Guinéens se lèvent pour qu’il n’y ait pas d’élections le 22 mars », a-t-il lancé.

Et de conclure : « Levons-vous, battons-nous contre le 3ème mandat. Les élections législatives, c’était un moyen d’organiser le référendum, le combat continue ».