Sidya Touré jure de ne jamais accepter un troisième mandat pour Alpha Condé

septembre 8, 2019 11:07

« Nous n’accepterons pas qu’il y ait un troisième mandat à octroyer à Alpha Condé à octroyer à Alpha Condé ».

C’est en substance l’avertissement lancé par le leader de l’Union des forces républicaines à la faveur de l’assemblée générale de son parti tenue ce samedi 7 septembre à Conakry.

Ouvrant une brèche sur l’adresse à la nation faite par le président de la République le mercredi 4 septembre dernier, Sidya Touré a fait comprendre que la mobilisation qui était prévue mercredi soir -au cas où Alpha Condé parlerait d’un éventuel troisième mandat- était telle que le discours a été changé à 15 heures.

« Vous savez, ce sont des gens qui ne renoncent pas. Il y a trop d’argent en jeu. Tout l’argent que vous ne voyez pas pour faire des hôpitaux, pour faire nos routes, pour faire des écoles pour nos enfants, pour vous donner du travail, pour faire en sorte que vous ayez l’électricité, l’eau et l’assainissement, tout cet argent-là, il y a un groupe d’individus qui le détient et qui n’a pas envie de quitter là. Ils ne font rien pour vous », a fait noter le président de l’Ufr devant une foule nombreuse de militants et sympathisants.

« Ensuite, a poursuivi l’ancien Premier ministre, ils ont des fonds publics. Tous les jours, des scandales ont lieu dans ce pays, ça ne s’arrête pas. Donc, si on n’arrive pas à faire le référendum parce qu’il y a un mouvement populaire qui se lève par rapport à ça, on se dit qu’il y a un plan B. Et ce plan B, c’est quoi? On va faire les élections législatives ».

Décidément, entre Sidya Touré et celui qui a fait de lui son Haut représentant au lendemain de la présidentielle de 2015, les choses évoluent en raison inverse. Plus l’un a confiance en une chose, plus l’autre en doute fort. Ce qui a fait dire qu’à partir du moment où Alpha Condé dit avoir confiance en la CENI, Sidya Touré, lui, marque son doute quant à l’intégrité de l’organe de gestion des élections et référendums en Guinée.

« Parce que je sais que lui et moi, on n’a pas confiance dans les mêmes personnes. Nous avons déjà commencé à le dire à la CENI, le mouvement qui s’est levé en Guinée pour empêcher que ce pouvoir se perpétue sera dirigé contre n’importe quel organisme qui voudra faire ce travail pour son compte. Que ce soit pour le référendum, on sera opposé. Mais tripatouiller les élections pour donner 2/3 de la majorité à la mouvance présidentielle et changer la Constitution, ça veut dire que c’est le même combat non? Alors, nous serons prêts pour affronter et la CENI et tous ceux qui sont derrière ça », a averti le président de l’Union des forces républicaines.