Signalisation routière en Guinée, enjeux et défis

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Il faut prendre le temps de parcourir le réseau routier guinéen pour se rendre compte du manque criant de signalisations le long de son trajet. On ne se croirait pas dans un pays avec des règles. On est frappé, partout où l’on passe, par l’absence des panneaux de signalisation. Des carrefours urbains aux jonctions avec les routes préfectorales, en passant par les entrées et sorties des villes et villages, peu importe par où l’on passe, la signalisation fait défaut. À moins d’être un habitué de ces routes, on peut se demander comment ferait un nouvel usager pour s’orienter afin de savoir s’il emprunte la bonne direction. C’est tout simplement pathétique !

À vrai dire, il est difficile d’imaginer comment peut-on construire les routes et les ouvrir à la circulation sans se préoccuper de leur signalisation. Car la signalisation est pour une route ce que sont les yeux pour l’être humain, sans eux on ne peut rien voir. De même, sans signalisation une route ne saurait répondre adéquatement à la fonction pour laquelle elle est conçue, c’est-à-dire permettre les déplacements des personnes et des biens d’un point A à un point B. Ce qui ne peut être possible que si l’on sait exactement quelle direction prendre, en partant de A pour arriver à B. D’où l’importance de la signalisation. Mais ce n’est pas tout ! La signalisation contribue à la lisibilité de la route et permet d’assurer une régulation fluide du trafic, d’en améliorer la sécurité et la sureté pour tous les usagers. Elle participe enfin à renforcer les efforts de prévention et de gestion des accidents de la route.

Dès lors, devant le constat désolant et humiliant du déficit chronique de signalisations de nos routes, qu’est-ce qu’en disposent les autorités compétentes ? En janvier dernier, le ministère des Transports se vantait d’avoir mis à la disposition de la Direction Nationale des Transports Terrestres et des services de la sécurité routière un millier de panneaux de signalisation pour les routes de Conakry. Mais pour quiconque se balade dans la capitale guinéenne, cela ne semble pas avoir changé grand chose à ce besoin qui reste encore aujourd’hui plus nécessaire qu’avant, dans un contexte de dégradation généralisée des routes. De plus, pour une capitale comme Conakry, ne serait-il pas plus élégant de multiplier les efforts de réhabilitation des feux tricolores au niveau des carrefours urbains ainsi que de la signalisation horizontale ?

Le monde est en train d’achever le premier quart de ce siècle tandis que notre pays peine encore à s’organiser comme une société de règles et de lois, car il ne suffit pas seulement de les avoir écrites noir sur blanc, mais il s’agit surtout de les mettre en application. La signalisation en tant que signal lumineux ou sonore, panneau, marque sur la chaussée ou dispositif destiné à interdire, régir ou contrôler la circulation ou le stationnement, ou à informer les usagers, doit être lue et comprise en situation de conduite. Elle doit être visible dans l’obscurité, le brouillard, la pluie ou la tornade. Son message doit être clair et compréhensible pour tous les usagers de la route, que ceux-ci soient à pieds, en vélo ou en automobile. La signalisation peut même être utilisée parfois comme un moyen de régler une problématique de géométrie de la route, car il est beaucoup moins dispendieux d’installer un panneau de signalisation que de revoir la géométrie d’une route ou d’un passage piétonnier.

C’est pourquoi, il est plus qu’urgent aujourd’hui que les autorités compétentes de notre pays se mobilisent et avec eux tous les moyens requis, pour doter l’ensemble du réseau routier national, en commençant par celui de la capitale, de dispositifs de signalisation adéquats et performants. Afin qu’elle soit bien comprise par tous, cette signalisation doit être homogène et uniforme sur l’ensemble du territoire. Ce qui signifie que les usagers doivent rencontrer les mêmes messages lorsqu’ils sont dans des situations semblables.