Simulacres d’immatriculation de véhicules: reflet d’imagination qui nargue ou expression d’anticonformisme avéré?

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La question mérite d’être posée. L’image est assez évocatrice pour que nul  n’éprouve un embarras quelconque à y répondre. Pas même Toto.

L’immatriculation pour un véhicule automobile, c’est comme l’extrait de naissance ou la pièce d’identité pour un individu. C’est un principe cardinal, admis et strictement appliqué par tous les pays, à travers le monde. Le nôtre ne déroge pas à cette règle.

Toto le sait aussi, qu’à chaque déclaration de vol de véhicule ou de recherche de véhicule impliqué dans un accident, la première question que policiers ou gendarmes posent est : quel est le numéro ? Si vous le leur donnez, alors, restez optimiste.  Il y a de fortes chances qu’on le retrouve. Ce n’est pas une chimère, mais bien une réalité tangible qui s’est souvent vérifiée. Quelquefois, c’est  à l’étranger que des voleurs de véhicules sont interpellés avec le concours d’Interpol. Mais encore, faudrait-il que le numéro d’immatriculation soit un vrai. Ce qui constitue un autre volet de cette problématique. Les faussaires font déjà parler d’eux dans le secteur. En mal, cela s’entend.

Depuis le début des années 90, le Ministère des Transports a élaboré des textes qui régissent encore cette activité.  Mais, que voit-on aujourd’hui, le long de nos routes, dans la capitale et au-delà ? Des semblants d’immatriculation à la limite de la fantaisie, de l’indiscipline ou de l’outrecuidance. Les qualificatifs ne manquent pas. Nous en avons vu de tous les genres, frisant quelquefois une imagination,  à la limite du puéril. On  sent aussi un relent d’acculturation quand on lit des noms ou des slogans à consonance étrangère, écrits en français ou en anglais. Nous n’allons pas les relayer ici. Ce serait leur garantir une publicité de mauvais aloi.

Les véhicules qui portent ces immatriculations fantaisistes sont pour la plupart assez récents et s’apparentent au haut de gamme. Leurs propriétaires sont  apparemment des nantis, qui n’ont aucun problème à faire face aux exigences financières de l’immatriculation. C’est d’ailleurs le plus souvent le fait des jeunes de la diaspora qui intègrent la disposition de certains pays occidentaux qui autorise la personnalisation des plaques.

Ces comportements, s’ils ne sont pas légion, méritent d’être rapidement circonscrits et enrayés. Ils peuvent essaimer rapidement et affecter de nombreux secteurs de la vie nationale.

Un véhicule non immatriculé c’est comme une personne non baptisée. Dès lors,  des problèmes se posent qui sont  d’ordre statistique et de planification, financier, sécuritaire… Il ne faut pas attendre que le phénomène s’amplifie pour tenter de le combattre. Cette mission incombe aux services de sécurité routière (police et gendarmerie).

Chez nous, l’immatriculation est compartimentée en séries qui prennent en compte, entre autres, l’appartenance, le genre, l’usage ou le mode d’exploitation… Ainsi,  dénombre-t-on, pour n’en citer que quelques uns, les véhicules des secteurs privé et public, de la défense, des institutions républicaines,  du corps diplomatique et consulaire, de l’assistance technique… Chaque véhicule, y compris les deux roues, est immatriculé de façon unique et permanente, comme partout ailleurs. La seule différence porte sur la couleur de fond de la plaque et sur celle des lettres et chiffres, apposés dessus.

En principe, le numéro accompagne le véhicule, jusqu’à son amortissement complet qui doit faire l’objet d’une déclaration auprès des services compétents. L’exception se produit dans trois cas de figure : en cas de vente à l’étranger, de changements de zone et de mode d’exploitation.

Aucun véhicule sur le territoire national n’est admis à rouler sans plaque d’immatriculation. C’est partout la même règle. Ceux qui la violent créent de graves préjudices à eux-mêmes, aux autres et au pays tout entier. Il n’y a, dans cette affirmation, rien d’exagéré, ni aucune intention de dramatiser.

La dernière grande opération d’immatriculation du parc automobile national date d’il y a, exactement 26 ans. Sauf erreur, à travers le décret 227/ PRG/SGG du 03 septembre 1992.  Son application effective est intervenue le 09 octobre suivant, à Conakry et le 11 du même mois, dans les CADA, (centres d’administration automobile), actuels BRTT, (bureaux régionaux des transports terrestres), qui existaient alors dans les quatre régions naturelles du pays.

Avec l’usure temps, il est aisé de comprendre que cette immatriculation ait laissé ses beaux jours derrière elle. Maintes faiblesses affectent à présent son fonctionnement  correct.  Il est impérieux de corriger le tir et assainir le secteur.  Un  sujet, loin d’être clos. Nous attendons d’y revenir pour mieux le cerner et parvenir à un changement de comportement.

 D’ici là, les autorités, compétentes en la matière, doivent dépoussiérer et mettre en œuvre, les projets longtemps annoncés de numérisation de l’immatriculation et du permis de conduire.