Suivi des cours à distance par les élèves : Dr Faya Millimouno révèle des incohérences

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Les autorités du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation viennent de décider du suivi des cours à distance à l’intention des élèves en situation d’examen. Cette mesure qui concerne tant les candidats du public que ceux du privé devrait entrer en vigueur à compter du 27 avril prochain.

Une idée qui fait réagir le président du Bloc libéral qui la commente entre ces termes :

« Je dirai qu’en cette période de pandémie, il faut effectivement y réfléchir. Sauf que le gouvernement ne semble pas ouvrir le débat pour permettre aux Guinéens qui en ont des compétences, qui en ont de l’expérience, de mettre sur la table, des idées« , fait noter d’emblée Dr Faya Millimouno.

Dans le même ordre d’idée, l’opposant indiqué que dans pareille circonstance, il convient d’abord de se faire une idée de combien de Guinéens ont-ils accès à la télé.

« Le nombre est encore très limité. C’est-à-dire, même dans un village comme Boundouma, où on peut écouter la radio nationale, combien ont-ils un poste  radio pour pouvoir écouter ?« , s’interroge-t-il, avant de faire sa proposition.

« (…). Si on veut prendre un nombre beaucoup plus important, on peut envisager des cours par correspondance. Ça demande beaucoup de reprographie, certes, mais on peut envoyer des leçons aux enfants à travers leurs parents. Et à l’école, on demande aux parents de passer toutes les semaines prendre une pile d’exercices à faire. Ça, c’est une idée qui peut être mise sur la table. », préconise Dr Millimouno.

« Mais j’ai comme l’impression qu’on a à faire à un gouvernement qui ne voit la Guinée qu’à travers Kaloum ou à travers les limites de Conakry. Il ne pense pas que la Guinée, c’est 245.857 km²« , enchaine notre interlocuteur joint au téléphone.

De l’avis du Dr Faya Lansana Millimouno, l’idée qui a prévalu à la prise de cette mesure n’a pas été bien mûrie ; en ce sens que celle-ci ignore complètement une majorité au-dessus de 60%, dit-il.

« Il y a beaucoup de stratégies qu’on peut combiner pour maximiser le nombre d’élèves, parce qu’il s’agit des gens qu’on prépare pour des examens. On ne peut pas donner des cours aux élèves qui sont à Kaloum et soumettre ceux de Diécké aux mêmes épreuves. Ils auraient dû s’ouvrir à ceux qui peuvent mettre des idées sur la table. Et donc, plusieurs stratégies triangulées pourraient permettre de maximiser le nombre d’enfants qui pourraient être atteints. Mais avec cette annonce-là, c’est encore décevant« , martèle le leader du Bloc libéral en concluant.