Syli Gate : Les preuves contre Amadou Diaby n’ont pas été envoyées au TAS, selon la Commission d’Ethique

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La commission d’éthique de la fédération Guinéenne de Football  a fait savoir sa préoccupation sur la tournure  que prend le dossier de corruption qui l’oppose à  Amadou Diaby et Paul Put au tribunal arbitral du sport (TAS).

C’était au cours d’un conférence de presse qui a eu lieu ce lundi, 03 février au siège de la Feguifoot . La démarche vise à faire le point  de l’évolution du dossier de corruption  au TAS.

Alors que l’audience est prévue le 28 février prochain, les preuves principales ne sont toujours pas acheminées au tribunal Arbitral du sport (TAS). « On a remis toutes les preuves qui accablent M. Diaby à la Feguifoot. Mais les preuves n’ont pas été transmises au TAS. Et si les preuves manquent, il (Amadou Diaby) sera disculpé pour manque de preuve. Mais qui a refusé d’envoyer les preuves ? C’est là, la question qu’il faut se poser maintenant ou bien qui a empêché qui d’envoyer les preuves ? En tout cas, pour qu’il y ait de l’infraction de corruption, il faut au moins être à deux pour la commettre : Le corrupteur et le corrompu. Si le corrompu est blanchi parce que les preuves ne sont pas envoyées,  le corrupteur qu’est Paul Put sera aussi acquitté », prévient Tham.

Le président de la commission d’éthique, Amadou Tham Camara s’interroge sur le fait que ces deux affaires  soient traitées séparément au TAS alors c’était un seul dossier de la Feguifoot contre les deux accusés. Et de préciser : « Les preuves principales à savoir une conversion téléphonique attestant le pacte de corruption entre Amadou Diaby et les agents de Paul Put et les relevés bancaires de Paul Put  montrant exactement les montants évoqués dans la conversation téléphonique n’ont pas été envoyées. »  

Poursuivant, il est persuadé que les efforts consentis par sa commission laquelle pourtant a travaillé en tout professionnalisme risquent d’être sapé.

Ainsi, la Commission prend l’opinion publique et les membres statutaires à témoin. « Ce qui se passe au sein de la Fédération Guinéenne de Football est bizarre. C’est anormal », estime-t-on.

Pour Maître Jean Baptiste Kantara, rapporteur de ladite commission  l’heure est grave. « Si ces deux preuves disparaissaient, les deux accusés risquent d’être  acquittés. Depuis septembre, il y a eu appel mais malheureusement il n’y a eu aucune  communication de notre avocat. Nous avons la conviction qu’on est en train de saper nos efforts, le fonctionnement de ce dossier hors de la Guinée est aujourd’hui une préoccupation », déplore-t-il.

A rappeler qu’après le parcours peu glorieux de la Guinée à la dernière Coupe d’Afrique des Nations de football, l’ancien entraineur du Syli national Paul Put avait accusé l’ancien premier vice-président de la Fédération Guinéenne Amadou Diaby de toucher une commission de 10% sur son salaire. Paul Put avait alors mis à la disposition de la Commission d’Ethique les preuves de corruption. Dans son verdict, la Commission d’Ethique a interdit Put de toute activité liée au football à vie en Guinée. Et a infligé la même sanction contre Amadou Diaby mais pour cinq ans.