Syndicat: accusés de malversations, trois responsables de l’USTG visés par une plainte

novembre 9, 2018 7:46
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Des crises à répétition, c’est ce que vit la Guinée en ces temps-ci. Empêtré dans une crise politique profonde, le pays peine à sortir des crises sociales. Alors que le différend entre enseignants autour du Syndicat Libre des Enseignements et Chercheurs de Guinée (SLECG) est loin de finir, voilà que l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), sa centrale mère se déchire. Le tout nouveau bureau exécutif de l’USTG élu à Mamou lors du congrès du 26 octobre 2018 accuse trois responsables, notamment le Secrétaire général  »sortant », Louis M’Bemba Soumah, de malversations financières.

Louis M’Bemba Soumah a qualifié le congrès de l’USTG tenu à Mamou de «nul et de nul effet». Mais ce vendredi 9 novembre, les membres du bureau exécutif mis en place à la faveur de la rencontre de Mamou ont tenu à démontrer leur légitimité lors d’une conférence organisée à Conakry.

D’entrée, les conférenciers ont parlé du déroulement du congrès et ont fait savoir que 97 congressistes sur 109 étaient présents à Mamou et ont participé aux travaux.

Le premier Secrétaire général adjoint, Maurice Dopavogui, a affirmé que c’est Louis M’Bemba Soumah qui avait signé les lettres convoquant les structures au congrès et que c’est à la dernière minute qu’il « a refusé » de faire le déplacement : « Louis M’Bemba Soumah a lui-même écrit une lettre circulaire convoquant tous les congressistes à Mamou pour le 23 octobre. Le bureau exécutif s’est réuni quand Louis M’Bemba Soumah a dit qu’il n’y a pas d’argent pour le moment. Nous avons décidé de prendre trois fédérations professionnelles, deux par syndicat national, deux par union régionale, un par union syndicale préfectorale et communale, et conformément à nos statuts, les 10 entreprises qui ont un effectif de travailleurs très important et qui sont membres de notre structure. Tous ceux-ci ont répondu présent. Le véhicule qui devait amener le camarade Louis M’Bemba Soumah est resté à sa porte. Tout le monde l’attendait. À 13h il a dit au chauffeur qu’il ne va pas à Mamou. On a dit au chauffeur de venir parce que si Louis M’Bemba a refusé d’aller, il a ses raisons. »

M. Dopavogui soutient que l’absence de Louis M’Bemba à Mamou s’explique par le fait qu’il aurait peur que les congressistes lui demandent de justifier la gestion des fonds de l’USTG : «Quand vous êtes élu pour cinq ans, au terme de ce mandat, il y a le rapport d’activités et le rapport financier à présenter avec les pièces justificatives. Donc il savait qu’on lui aurait posé ces questions. Et nous avons tout fait pour qu’il informe le bureau exécutif, de faire un rapport avec des pièces justificatives, pour qu’ensemble, de connivence, on aille défendre dossier par dossier. Nous ne savons pas au total combien il y a, combien a été géré. Quand on demande, il dit que l’argent est fini. »

C’est pour ces raisons que le bureau élu à Mamou a demandé d’engager des poursuites contre Louis M’Bemba Soumah, Mariama Dalanda Barry, gestionnaire et Abdoulaye Sow, Secrétaire général par intérim lorsque M. Soumah était malade. « Notre loi première, explique Maurice Dopavogui, c’est nos statuts, notre règlement intérieur, notre règlement financier. Ce sont les trois piliers de l’activité d’un bureau exécutif. Si nous partons à Mamou, on fait des rapports d’activités, il n’y a pas le rapport financier, cela serait mal vu. Et c’est ce qui fait que le congrès a chargé le bureau exécutif mis en place de poursuivre les trois camarades, Louis M’Bemba Soumah en tant qu’ordonnateur des dépenses, ordonnateur de la gestion des fonds, mais également en tant que gestionnaire la camarade Mariama Dalanda Barry, et Abdoulaye Sow, parce que quand Louis M’Bemba Soumah était malade, c’est lui qui a assuré l’intérim et on a constaté qu’ils ont fait des opérations en désordre. Donc nous avons dit qu’ils vont rendre compte. Et le résultat sera communiqué au niveau de chaque préfecture. »

Louis M’Bemba Soumah est accusé de n’avoir pas versé 164 millions de francs guinéens dans le compte bancaire de l’USTG. « À la date du 1er avril 2018 on avait un montant de 196 millions GNF dans le compte, avant qu’on ne parte à Genève. Mais Louis M’Bemba Soumah dit qu’il n’y a pas d’argent. Mais avant qu’on ne parte à Genève la subvention qui est de 364 millions GNF avait été payée. Avant de partir, Louis M’Bemba Soumah, en complicité avec les autres signataires, a versé 200 millions GNF sans justifications. Il verse 200 millions à la place de 364 millions. On a les relevés [bancaires] ici», a fait savoir le 2è Secrétaire général adjoint, Mohamed Lamine Camara.

Pour justifier leur légitimité, les conférenciers parlent de la présence à Mamou  de « tous ceux qui ont été convoqués pour le congrès, à l’exception de quelques-uns. »

Il faut préciser que le SLECG, version Kadiatou Bah a participé à ce congrès alors que c’est Louis M’Bemba Soumah qui avait présidé le congrès qui a mis Kadiatou Bah à la tête de cette structure parallèle à celle dirigée par Aboubacar Soumah. Aujourd’hui, Aboubacar Soumah et Abdoulaye Sow (FESABAG) se sont réconciliés avec Louis M’Bemba Soumah et ont annoncé leur retour au sein de l’USTG. Mais quelle USTG ? Comme le SLECG, l’USTG aussi a deux structures parallèles.

e congrès, à l’exception de quelques-uns. »

Il faut préciser que le SLECG, version Kadiatou Bah a participé à ce congrès alors que c’est Louis M’Bemba Soumah qui avait présidé le congrès qui a mis Kadiatou Bah à la tête de cette structure parallèle à celle dirigée par Aboubacar Soumah. Aujourd’hui, Aboubacar Soumah et Abdoulaye Sow (FESABAG) se sont réconciliés avec Louis M’Bemba Soumah et ont annoncé leur retour au sein de l’USTG. Mais quelle USTG ? Comme le SLECG, l’USTG aussi a deux structures parallèles.