Télimélé : le ministre Mory Sangaré lance un message aux enseignants récalcitrants

décembre 16, 2018 6:43

En tournée de travail dans la préfecture de Télimélé, ce samedi 15 décembre, le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation a conféré avec les différents acteurs du système éducatif dans la salle de conférence de la préfecture.

Outre la délégation ministérielle, on notait la présence de l’inspecteur régional de l’éducation de Kindia, des autorités préfectorales et communales, des cadres de la DPE, des chefs d’établissements du secondaire et des directeurs d’écoles, des enseignants, des religieux et des conseils des sages, de la société civile, et de l’association des parents d’élèves.

Après le souhait de bienvenue du maire de la commune urbaine aux hôtes, la directrice préfectorale de l’éducation s’est réjoui de cette visite d’une grande portée, qui, selon elle, pourrait ouvrir la voie au démarrage effectif des cours dans la totalité des quinze délégations scolaires de la place.

« Sur les 332 écoles élémentaires et les 23 du secondaire que dispose Telimélé seulement 28 sont fonctionnelles au jour d’aujourd’hui », a affirmé Hadja Mariama Diallo avant de prier humblement les enseignants grévistes de reprendre le chemin de l’école pour le bonheur des enfants.

Pour sa part, l’inspecteur régional de l’éducation de Kindia, Thiapato Barry, a déploré la situation que continue de vivre cette préfecture où il a été longtemps directeur préfectoral de l’éducation, une préfecture jadis pilote en matière de l’éducation.

Prenant la parole, le ministre Mory Sangaré a commencé par une série de questions à l’endroit des enseignants et des parents d’élèves. « Pourquoi vous prenez en otage l’éducation des enfants de Télimélé ? Jusque quand et où voulez-vous aller dans cette grève? Pourquoi retenez-vous les enfants à la maison ? », interroge-t-il.

Alternant le français et la langue poular, Mory Sangaré affirme : « nous sommes venus vous rencontrer pour qu’ensemble nous trouvions les voies et moyens pouvant nous permettre de reprendre les cours dans un bref délai. Nous avons la possibilité et les armes qu’il faut pour utiliser la force. Mais, nous privilégions d’abord l’esprit de concertation et de dialogue. Dans le cas échéant, je donne une instruction à madame la DPE de nous remonter la liste des enseignants grévistes pour d’éventuelles sanctions car l’État ne reculera pas ».

Le manque de niveau de certains enseignants, la situation des contractuels et le spectre d’une année blanche ont été aussi abordés par le ministre.

« Il y a parmi les enseignants ceux qui ne peuvent pas enseigner et qui préfèrent toujours entretenir un climat de tension et de désordre pour ne pas se faire dénicher par une mission d’inspection », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que « c’est à l’État seul de décider d’une année blanche. Aucune institution ne peut se substituer à l’État et je vous garantis qu’il n’y aura pas d’année blanche en Guinée ni un calendrier spécial pour Télimélé ».

Mory Sangaré a également instruit à la DPE de tenir compte des enseignants qui ont longtemps servi dans les classes dans le cadre de la contractualisation même s’ils ne sont pas issus de l’ENI ou de l’ISSEG, ils seront soumis à une évaluation avant leur engagement dans la fonction publique.

A noter que les responsables des affaires religieuses de la place, le conseil des sages et la mairie ont promis de tout mettre en œuvre pour la reprise normale des cours à Télimélé.