Tentatives de récupération du mouvement social : Les forces sociales soutenues par Dalein (Analyse)

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Comme les syndicalistes, qui ont enfin fléchi, en acceptant de rejoindre la ‘’table à palabre’’, les forces sociales, elles aussi, sembleraient  avoir mis du sucre dans leur breuvage, en suspendant leur mouvement. Peut-être avaient elles estimé qu’il serait prétentieux d’être plus royaliste que le roi ?

En effet, elles avaient osé affirmer qu’elles ne faisaient qu’appuyer les syndicalistes dans leurs revendications. Alors que ceux qui les avaient soutenues, jusque-là, avaient cru qu’elles défendaient plutôt les populations guinéennes dont une majorité écrasante tire le diable par la peau des fesses. Un cheveu dans la soupe des forces sociales, c’est le soutien que prétend leur apporter le président de l’UFDG, Cellou Dalein dont l’acte,  s’assimilerait, selon des observateurs, à une tentative de récupération politique d’un mouvement social.

Malgré tout, il ya comme un flottement dans les premières ardeurs de tous ces groupes de revendications qui risqueraient d’abdiquer, avant même d’avoir eu la garantie que leur requête sera entendue. Le Premier ministre Kassory est résolu à maintenir sa décision, quoi qu’il arrive. C’est dire que le chef de file de l’opposition risquerait de ne pas avoir l’occasion de raviver le mouvement auquel il se propose d’apporter son litre de pétrole. Il pourrait, néanmoins, attendre la bonne occasion, celle que pourrait lui offrir le Premier ministre, au cas où les revendications de l’UFDG ne seraient pas satisfaites.

Pour l’instant, c’est un climat d’anxiété qui couvre la capitale, avec en plus, la pauvreté devenue un mode d’existence. Le document transmis au gouvernement, pour étude et approbation, s’il en était besoin, définit les préoccupations du syndicat, en termes de revendication.

Cependant, d’ores et déjà, l’on pourrait oser dire que si tous les points évoqués dans ce précieux document, devaient plaider en faveur d’une baisse du prix du carburant, la cause n’est pas gagnée d’avance. Même s’il n’est pas exclu que d’autres recommandations, contenues dans les doléances du syndicat, fassent l’objet d’une attention particulière.

En vérité, tous ces remous inhérents à la vie d’un Etat, comme le nôtre, caractérisé par un retard évident dans son développement socioéconomique, convergent vers le même objectif, améliorer les conditions d’existence des masses populaires. Cela ne se pourrait qu’à travers des mesures parfois draconiennes. Cependant, faudrait-il, avec beaucoup de souplesse, en choisir et le moment et l’occasion. C’est pour toutes ces raisons, qu’il faut que les parties se fassent des concessions et jugent de l’opportunité et de la nécessité de certaines décisions, surtout quand celles-ci offrent d’autres opportunités heureuses.

Le bras de fer, dans le cas que nous vivons, ne s’explique pas, même si la mesure est tombée comme un sombre présage dans une Cité où les indigents s’attendaient, plutôt à un bien-être spontané.