Tête-à-tête Taran- activistes des droits de l’homme : une rencontre de toutes les vérités qui brise enfin la glace

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Pendant que l’insécurité et les violations des droits de l’homme sont plus que d’actualité en Guinée ces derniers temps, le ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté a reçu des organisations de la société civile évoluant dans le secteur ce lundi 7 décembre. Sur instructions du président de la République, cette initiative a été une occasion pour les différentes parties de se dire certaines vérités au moins…

Il y a un début à tout. Et c’est peut-être le motif de la satisfaction affichée par le président par intérim de l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), au sortir des deux heures d’échanges avec le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

En tout cas, Elhadj Malal Diallo estime que « mieux vaut tard que jamais ». Car, explique-t-il, « on s’attendait à cela depuis longtemps… ». L’autre sentiment de satisfaction pour lui, c’est le fait qu’ils aient pu ‘’discuter des préoccupations des organisations de défense des droits de l’homme. Surtout en cette période assez sensible où des citoyens sont inquiets. »

Mais derrière cette satisfaction, il a adressé un message au président de la République qui, selon ses propres termes, « a instruit d’appeler et de communiquer sur la situation des forces de l’ordre qui ont eu leurs droits violés. »

«… Nous sommes des défenseurs des droits de l’homme. Et (…) pour nous, que ce soit un gendarme, un policier ou cette écolière qu’on brutalise dans la rue, ce sont des citoyens. Ce sont des hommes. Nous sommes des défenseurs des droits de l’homme. »

A sa suite, le ministre Taran Diallo précise à son tour : « il n’y a ni débat ni de polémique quand il y a de victimes en matière de droits de l’homme. L’Eta parle de citoyen. L’Etat ne parle ni de militant, ni d’ethnie. Il y a des citoyens sur sa charge ».

Et d’affirmer, comme pour répondre à son prédécesseur : « le président de la République a instruit que de cette façon, toutes les victimes soient traitées de la même manière ». Puis d’ajoutant : « c’est d’abord contre notre gré qu’il y ait un guinéen blessé, qui perd quelque chose, à plus forte raison qu’il y ait un guinéen qui soit décédé… »

A propos de ce qui va changer à partir de cette rencontre, pour le ministre de la Citoyenneté admet ceci : «… l’action pour le respect des droits de l’homme, relève du gouvernement… Tout ce qui a été dit ici, je vais le porter au niveau du gouvernement et nous ferons tout pour que des mesures concrètes suivent… »

En attendant ces mesures concrètes annoncées, Me. Frédéric Foromo Loua de l’ONG ‘’Même Droits pour Tous’’ se réjouit et salue cette initiative : «… il était important qu’on prenne contact avec ce ministère pour créer ce cadre de dialogue afin que la cause des droits de l’homme soit un travail de concertation, un travail de collaboration entre le gouvernement et les ONG…»

Mais, il en faut plus pour susciter le même enthousiasme chez le représentant de l’association des victimes du camp Boiro, Amadou Tounkara qui semble en avoir vu de toutes les couleurs depuis des décennies et au grès des régimes et civiles et militaires qui se sont succédés en Guinée…

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