Tham Camara, Chef de Bureau Guinéenews au Symposium: « Abdoulaye, tu es irremplaçable !»

juin 22, 2018 5:54
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En larmes, la voix cassée, inconsolable, le chef de Bureau de Guinéenews Conakry, Amadou Tham Camara a rendu un vibrant hommage à son journaliste Abdoulaye Bah qu’il estime irremplaçable non seulement au sein de sa rédaction mais aussi dans la presse guinéenne. Il a fait ces témoignages pathétiques lors du symposium que le Gouvernement a organisé à la mémoire de notre illustre regretté le jeudi 21 juin au palais du peuple de Conakry. Lisez plutôt l’intégralité desdits témoignages :

«Abdoulaye Bah de Guinéenews n’est plus !

Le journaliste Abdoulaye Bah, chef de bureau adjoint de Guinéenews, est décédé la nuit du dimanche 17 juin 2018 à l’hôpital sino-guinéen de Kipé des suites d’un accident de la circulation survenu le matin alors qu’il faisait nuitamment un reportage à Matoto, dans la commune du même nom à Conakry.

Abdoulaye Bah, sans doute un des journalistes guinéens les plus talentueux et les plus prolifiques, est donc tombé les armes à la main.

Depuis l’annonce de l’accident et du coma dans lequel il était plongé,  le président de la République, le Premier ministre, plusieurs membres du gouvernement, le chef de file de l’opposition et la presse puissamment mobilisée, se sont relayés à son chevet. On priait que son tableau clinique qui déclinait à cause d’une hémorragie cérébrale s’améliorât afin de pouvoir prendre en toute sécurité un avion médicalisé qui avait été promis par le président Alpha Condé pour des soins à l’étranger.

Le miracle n’a pas eu lieu, hélas ! Et le soldat Abdoulaye passa l’arme à gauche cette nuit-là, laissant derrière lui une veuve inconsolable.

Son professionnalisme dans la rédaction de ses articles de presse et de ses chroniques-fictions manquera aux lecteurs. Ses taquineries empreintes de dérision manqueront à ses 12 611 amis sur Facebook. Son humilité, sa loyauté et son dévouement manqueront à tout le monde.

Mais qui est Abdoulaye Bah ?

Fils d’Elhadj Thierno Mamadou Bodjé Bah (1er  imam de la grande mosquée d’Elhadj Oumar Tall de Dinguiraye) et de Aïssatou Kanfoulianké Bah, Abdoulaye Bah naquit le jeudi 10 mars 1977 à Fansa, district de Koumbia Leye Fello, commune de Dinguiraye.

 Originaires du village de Bodjé, dans la préfecture de Dalaba, les arrière-grands-parents sont venus accompagner Elhadj Oumar Tall, le fondateur de l’empire toucouleur dans sa lutte pour la propagation de l’islam. Après la construction de la gigantesque mosquée en 1850, l’imamat a été confié à leur famille par El hadj Oumar Tall à cause de leur connaissance parfaite de l’islam et de leur maîtrise du Saint Coran. Et depuis cette date jusqu’à nos jours, la prière est dirigée par leur famille, dont les membres  se succèdent les uns aux autres.  

Abdoulaye Bah débuta ses classes  le lundi 10 octobre 1984 à l’école primaire de Fansa. Ensuite, il fut transféré quatre ans plus tard  au centre-ville de Dinguiraye, à l’école primaire ‘’Centre 1’’ où il décrocha son certificat de fin d’études élémentaires en 1990. Il est admis au Collège El hadj Oumar Tall où il obtint son B.E.P.C en 1994. Admis au lycée El hadj Oumar-Tall, il opte pour les sciences sociales et  décrocha son bac1 en 1996. Il est transféré ensuite au lycée Wouro de Labé où il passa le Bac 2 en 1997. En 1999,  il est admis au concours d’entrée  à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry en lettres modernes.

Après l’université, il fit ses premières armes de journalisme dans la rédaction du journal ‘’L’Observateur’’. En 2011, il intégra l’équipe de Guinéenews, où il gravit rapidement tous les échelons   à cause de son abnégation, sa constance, son talent et son leadership. Il se marie  en février 2017 avec Mariama Louise Bah.

En ces moments pénibles, Guinéenews présente ses condoléances les plus attristées à la famille biologique d’Abdoulaye Bah, à son épouse, à toute la presse nationale et à tout le peuple de Guinée. Abdoulaye, tu es irremplaçable !

Dors en paix Abdoulaye ! Quand on a bien vécu, la mort est une victoire, le cercueil un char de triomphe, pour reprendre une citation d’un grand écrivain sud-américain.»