Tibou Kamara : « cette fusion facilite la tâche à Kassory et met à l’aise le président »

mai 21, 2018 11:53
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Au cours d’une conversation téléphonique, le ministre conseiller personnel du chef de l’Etat, Tibou Kamara, a réagi, ce lundi, par rapport aux polémiques nées depuis l’annonce de fusion du parti de l’argentier du pays, Ibrahima Kassory Fofana, au sein du parti présidentiel.

« Si les gens disaient qu’il venait au RPG Arc-en-ciel par conviction, ou qu’il venait vers le président Alpha Condé par amour, quand il militait dans l’opposition, cela aurait été plus facile à croire qu’aujourd’hui. En politique, quand on donne, c’est le plus souvent dans l’espoir de recevoir. Quand on donne, il faut s’attendre à recevoir. Pour moi, le plus important aujourdhui, c’est qu’il y a plus de clarté et de clarification dans l’échiquier politique. Les masques sont en train de tomber par rapport au positionnement des uns et des autres vis-à-vis du pouvoir ou de l’opposition. Si c’était l’ambition de Kassory Fofana d’être premier ministre ou son vœu personnel, sa fusion avec le RPG Arc-en-ciel faciliterait énormément les choses. Si le président aussi à cette intention de le nommer comme premier ministre, il serait plus à le faire puisque ça éviterait que sa majorité perçoive cette nomination comme un acte qui favorise un concurrent ou un adversaire politique. Donc, il n’y a plus de conflit avec la majorité sous prétexte qu’on veut nommer un concurrent à la primature dans un contexte politique de tous les enjeux. Alors, si Kassory Fofana est nommé, on dira que c’est un cadre issu du parti au pouvoir, ça facilite la tâche à Kassory Fofana d’accéder au poste et ça met à l’aise le président de le nommer. Personnellement, je pense qu’il faut qu’on soit clair. Quand on vient dans une alliance, c’est pour certainement en tirer un avantage. C’est évident. Parce qu’il n’y a totalement d’innocent, ni de désintéressé en politique. Quand on cède, c’est en contrepartie de quelque chose. Quand on renonce, c’est en contrepartie d’autres choses. Mais les prochains développements nous édifieront davantage », a-t-il affirmé.

Invité le 12 avril chez nos confrères d’Espace FM, le conseiller personnel du président avait dressé le portrait-robot du futur Premier ministre.  » Le président Alpha Condé sait mieux que quiconque qui est l’homme de la situation. C’est pourquoi, je ne voudrai ni anticiper la volonté du président, ni deviner ses intentions. Ce n’est pas moi malheureusement qui fait le choix du Premier ministre. C’est un pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat. Quand on voit la nature des défis auxquels le pays est confronté aujourd’hui, je serai tenté de dire qu’il nous faut un Premier ministre dont le profil est relatif aux difficultés qu’on connait », avait-il déclaré.

« Il faut à la Guinée un Premier ministre accepté et acceptable. Son choix pourrait déterminer l’acceptation de l’ensemble du gouvernement. A mon avis, il faut choisir ses collaborateurs en fonction des objectifs que l’on s’assigne et de la vision qu’on a », avait-il rajouté.