TPI de Kaloum : après 5 jours de prison, les enseignants grévistes recouvrent leur liberté

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Après cinq jours à la Maison centrale de Conakry, les six enseignants grévistes  ont recouvré ce lundi 26 novembre leur liberté. Ils ont été condamnés par le TPI (Tribunal de Première Instance de Kaloum) à six mois de prison avec sursis. La sentence est tombée devant les responsables du SLECG (Syndicat Libre des enseignants et Chercheurs de Guinée), a-t-on constaté sur place.

A sa sortie de la salle d’audience, Aboubacar Soumah secrétaire général du SLECG n’a pas caché sa joie avant annoncer que le mouvement continu jusqu’à leur satisfaction. Lisez sa réaction !

« Nous comprenons qu’il y a des cadres compétents et avertis au sein de l’appareil judiciaire, qui, malgré toutes les instructions venant d’en haut, ont dit le droit. Je suis satisfait moralement parce que mes camarades ont recouvré leur  liberté après cinq jours à la Maison centrale.

Nos camarades ne méritent pas d’être arrêtés parce qu’ils n’ont fait preuve d’aucune violence. Ils n’ont fait qu’exprimer leur sentiment de frustration aux autorités compétentes qui ont indûment retenu ou gelé leur salaire, chose qui est d’ailleurs contraire à la loi. Nous avons dit plus haut ailleurs qu’ici  que nous sommes régis par les textes de la fonction publique. Il n’est écrit nulle part dans le texte du statut général des fonctionnaires et aucune disposition ne prévoit qu’on doit geler le salaire par rapport à l’observation de la grève.

Nous remarquons que l’Etat guinéen ne fait que procéder à des arrestations des enseignants partout dans le pays. La manifestation est un droit reconnu par notre constitution. Nous ne cassons pas, nous réclamons un droit qui est confisqué. Ils n’ont auccun droit de réprimer les enseignants. Que le gouvernement cesse d’intimider les enseignants, nous avons le droit d’observer le mot d’ordre de grève que nous avons déclenché depuis le 3 octobre. 

Nous continuons la grève tant que nous ne sommes pas satisfaits. Ayant constaté que toutes les écoles publiques sont fermées, le gouvernement devrait ouvrir le couloir de négociations en vue de trouver une solution en nous faisant une proposition parce que nous n’avons pas dit que les 8 millions de francs guinéens que nous réclamons sont non négociables. Les classes qui sont ouvertes, allez-y vérifier, c’est un semblant de cours qu’on donne. Qu’on nous prenne au sérieux, tous les titulaires sont à la maison, qu’on accorde du crédit à l’Education guinéenne », a-t-il expliqué.