TPI de Mafanco : en prison pour diffamation, l’abbé Augustin contre-attaque

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Arrêté et déféré à la Maison centrale de Conakry le 28 novembre, l’abbé Augustin Traoré, l’un des deux prêtres condamnés en décembre 2018 pour diffamation à l’encontre d’une fidèle catholique et de l’archevêque de Conakry,  a fait opposition au jugement du tribunal de Mafanco.

Le procès a donc repris ce mardi 08 décembre devant le tribunal de première instance de Mafanco. A la barre, l’économe diocésain a reconnu d’entrée de jeu les faits de diffamation. En revanche, il a indiqué que le jugement ne lui a jamais été notifié. Faux ! A répliqué la partie civile qui a indiqué que l’acte de signification du jugement a été reçu par Jean David Komano, un collaborateur du prêtre Augustin Traoré à la cathédrale de Kankan.

Sauf que celui-ci n’a pas accusé réception de l’acte  de signification. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par le procureur pour soutenir l’abbé Augustin Traoré. Le procureur a aussi indiqué que la signification devrait être faite au domicile du prêtre Augustin ou à la mairie et non à la cathédrale de Kankan. Là-dessus, Me Seny Kamano, l’avocat de la partie civile, a d’abord souligné que la loi ne fait pas obligation à ceux qui reçoivent une  signification de notifier l’avoir reçu. « S’ils ne le font pas, l’huissier le signale. Et c’est ce qui a été fait dans ce dossier », a dit Me Seny Kamano, qui a aussi indiqué que le prêtre logeait à la cathédrale de Kankan où il servait également à l’époque des faits.

Partant de ces arguments, la partie civile a demandé au tribunal de déclarer irrecevable l’opposition de la défense. Le tribunal se prononcera sur cette demande le 10 décembre. Si cette demande est refusée, le procès reprendra à zéro devant le tribunal de première instance de Mafanco. En attendant, le prêtre reste en prison.

Le 17 décembre 2018, l’abbé Apollinaire Sarah et l’abbé Augustin Traoré, ont été condamnés pour « diffamation » au préjudice d’une famille Kamano domiciliée à Sangoyah (commune de Matoto) et deux autres personnes.  Selon l’exploit de citation qui accusait les deux chefs religieux, ils ont accusé « Hélène Koumba de la famille Kamano d’être mariée à Monseigneur Vincent Coulibaly et d’être un poids considérable pour l’Eglise de Guinée et d’Afrique ». Ils ont également accusé la famille Kamano d’abuser des biens de l’Eglise catholique de Guinée.