TPI de Mafanco : Livré à la police par son proviseur, un élève écope de trois mois de prison

0
609

Mamoudou Hady Barry, un élève de la 12ème année du lycée Bonfi a été condamné lundi à trois mois de prison dont 45 jours assortis de sursis par le tribunal de première instance de Mafanco, a constaté sur place Guinéenews.

Dans une sérénité rarement vue chez des élèves guinéens à la barre, Mamoudou Hady Barry, 23 ans, a rejeté les faits d’« incitation à un attroupement ».  « Je ne suis responsable d’aucune association et je n’ai jamais incité quelqu’un à la révolte. On m’a arrêté quand j’étais en classe en train de réviser avec mes amis », s’est défendu, en substance, le prévenu.

Faux ! A répliqué  le représentant du ministère public qui a estimé que le prévenu s’est inscrit dans une stratégie de négation des faits. Les faits, Mamoudou Hady Barry les a reconnus à la police, selon le parquetier. « Lors de mon audition à la police, j’ai dit que ce n’est pas moi qui ai écrit le document (un écrit incitant les élèves du lycée Bonfi à la révolte)… Mais, on m’a forcé à signer un procès-verbal dont je ne connaissais pas l’origine », a répliqué l’élève.

Dans son réquisitoire, le procureur est revenu sur les faits. Selon lui, Mamadou Hadi Barry, qu’il a qualifié d’« incitateur aguerri et de ‘’révolteur ’’ diplômé » avait été interpellé le 14 janvier dernier, alors qu’il passait de classe en classe pour inciter les élèves à la révolte. C’est son proviseur qui a remonté l’information à la police. « Contrairement à ce qu’il dit, il a été entendu dans les règles de l’art », a dit le représentant du ministère public qui a voulu que le tribunal rappelle à Barry ce qu’il est – un élève.  Pour lui, un an de prison ferme et une amende d’un million de francs guinéens seraient la sanction juste du « comportement » de Mamadou Hadi Barry. Mieux, avec ces peines, le procureur croit que Mamadou Hadi Barry servirait d’exemple à tout élève ou étudiant tenté par l’incitation à la révolte.

Sans avocat, Mamadou Hady Barry a eu pour derniers mots ceci : « ce n’est pas moi qui ai écrit le texte, et je n’ai jamais eu l’intention d’inciter à la révolter. Parce que je sais que c’est non seulement puni par la loi, mais ma religion me l’interdit.»

Sans suivre le procureur, le tribunal a néanmoins condamné l’élève à trois mois de prison dont la moitié assortie de sursis.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.