TPI de Mafanco : un an de prison ferme pour deux prêtres poursuivis pour « diffamation »

décembre 17, 2018 11:49

L’Abbé Appolinaire Sarah, prêtre en service à la paroisse Saints Pierre et Paul de Bonfi et l’Abbé Augustin Traoré, prêtre et économe diocésain au diocèse de Kankan, ont été condamnés ce lundi 17 décembre pour ‘’diffamation’’ par le tribunal de première instance de Mafanco. Ils ont été condamnés, chacun, à un an de prison ferme et au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens.

Depuis octobre, les deux religieux étaient poursuivis pour ‘’diffamation et injure’’ au préjudice d’une famille Kamano domiciliée à Sangoyah (commune de Matoto) et deux autres personnes.  Les faits concernaient également l’Archevêque de Conakry, Monseigneur Vincent Coulibaly, « qui était accusé par les deux prêtres d’être marié à Hélène Koumba Kamano de la famille Kamano.»  Mais, depuis le début de leur jugement, les deux prêtres n’ont jamais comparu à l’audience. Un mandat a donc été décerné contre eux à l’audience.

La condamnation des deux prêtres intervient au moment où tous les prêtres du pays sont réunis à Conakry pour  la conférence épiscopale 2018. Cette année, son Eminence Cardinal Robert Sarah prend part à cette conférence en tant qu’envoyé du Vatican.

Dans l’exploit de citation que nous avons consulté en octobre dernier, on lisait que les deux prêtres s’étaient sentis lésés par des décisions de l’Archevêque de Conakry. Celui-ci leur aurait interdit, courant juillet 2018, de célébrer ou de concélébrer l’eucharistie et les autres sacrements dans les paroisses et communautés chrétiennes relevant de son diocèse (qui couvre les régions de la Basse et de la Moyenne-Guinée). « Et comme en droit administratif, les deux prêtres qui se sont sentis lésés par ces décisions avaient le plein droit d’exercer des recours gracieux, hiérarchique ou en plein contentieux contre ces actes normatifs pris contre eux par l’Archevêque de Conakry auprès de ce dernier, de sa hiérarchique ou devant le tribunal ecclésiastique afin d’obtenir leur nullité », précise l’exploit.