TPI de Mamou: de lourdes peines requises contre 4 prévenus

avril 26, 2018 12:46
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En audience criminelle mercredi 24 avril, le  Tribunal de Première Instance de Mamou a traité deux affaires dont une attaque à main armée et un cas de viol sur mineur.

Dans la première affaire, Amadou Sadio Barry comparaissait pour des faits de vol à main armée. L’accusé a rejeté les accusations du Procureur. Rappelons que les faits remontent à septembre 2014 à Diarabaka lorsque Amadou Sadio, en compagnie de Kandia et Yaya très populaire dans la commune, ont attaqué un véhicule de transport public en provenance de Conakry pour Siguiri.

Pendant le braquage, les malfrats ont abandonné sur les lieux un téléphone qui a d’ailleurs permis d’interpeller Amadou Sadio. Les enquêteurs ont appelé Sadio pour qu’il vienne chercher une machine détectrice d’or et 100.000 GNF qu’on lui a apportés. Dès son arrivée, Ousmane Diallo le conducteur et Fatoumata Doumbouya tous des victimes l’ont reconnu comme étant celui qui était monté sur le véhicule à l’aide d’un couteau pour détacher les bagages.

Le ministère public a requis contre l’accusé la peine de 20 ans de réclusion criminelle et 20 ans par défaut contre Kandia et Yaya, en cavale.

Dans la seconde affaire, c’est Mamadou Pathé Barry 29 ans, poursuivi pour ‘’viol’’ contre OB, une élève âgée de 15 ans. Les faits remontent au 18 mars dernier dans la Sous-préfecture de Kébaly, préfecture de Dalaba.

Selon les explications à la barre, c’était au retour d’une cérémonie de mariage à Hérico quand Mamadou Pathé conducteur de taxi-moto transportait la fille qui est la jeune sœur à sa copine avec la quelle il a fait un enfant. Ce jour, aux environs de 23h, à mi-chemin, sur la colline de Dantari, Mamadou Pathé proposa à la fille de faire l’amour, la fille s’opposa. Il entraina de force la fille dans la brousse où il l’a violentée en tentant de la violer. Les motards de passage les ont surpris pendant que la fille appelait au secours.

Le père de la fille à la barre, a relaté les difficultés qu’il a eues avec Mamadou Pathé qui suivait la grande sœur de la victime depuis des années. L’accusé a été la cause du divorce de cette dernière d’avec son mari à Conakry. Il sortait avec la femme bien qu’elle vivait sous le toit de son mari. De retour à Kebaly, il a continué à la suivre et c’est après qu’elle a contracté une grossesse. «Je l’ai chassée, ils sont partis à Conakry où elle avait accouché. Quelques mois après, j’ai ramené ma fille à Kebaly. Parfois le jeune s’attaque à moi. Tout le monde dit dans notre localité que je suis irresponsable. J’ai même trimbalé le jeune à la police pour qu’il laisse ma fille, mais la communauté se mobilise pour me plaider. Je demande au tribunal de me rétablir dans mes droits », lance-t-il.

Sur les dommages et intérêts, le père de famille après consultations avec ses proches  a désisté.

Dans ses réquisitions, le Parquet doublement représenté par Ousmane Sané et Daouda Diomandé, a qualifié cet acte de pathétique dans une société africaine qui respecte ses valeurs traditionnelles. Le parquet a requis contre l’accusé 20 ans de réclusion criminelle avec circonstances aggravantes.

Le conseil de l’accusé, constitué de deux professeurs, a sollicité l’indulgence du président Sidiki Kourouma qui a renvoyé les deux affaires au 9 mai prochain.