Transport ferroviaire: le tronçon Conakry-Gomboya, un petit pas vers la relance du Conakry-Niger

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Comme d’habitude, c’est un ministre d’Etat, ministre des Transports plutôt décontracté qui a animé une conférence de presse ce lundi 18 février 2019, à Conakry. Il était question pour Aboubacar Sylla de présenter les acquis et défis de son département avant de se projeter dans les perspectives.

Dans son exposé, tous les secteurs des Transports ont été passés au peigne fin. Notamment le transport terrestre, le transport maritime, ainsi que celui ferroviaire. A ce niveau précis, le conférencier a annoncé la relance de la voie ferrée Conakry-Niger.

« (…). Le défi dans le domaine ferroviaire, quant à lui, consiste à l’épineuse nécessité de la réhabilitation du chemin de fer Conakry-Niger, pour développer ainsi les échanges économiques à l’intérieur du pays, ainsi qu’avec les Etats de la sous-région. Notre vision est d’initier le développement du ferroviaire en entamant et exécutant la première phase du tronçon de 42 kilomètres Conakry-Gomboya. Ce qui permettra de désenclaver le port sec de Kagbélén et de désengorger notre capitale en la débarrassant de ces gros porteurs, de tous ces camions porte-containers qui sont obligés de traverser toute la capitale jusqu’au Port autonome de Conakry ou au Terminal à containers, pour pouvoir évacuer les marchandises qui y sont livrés », a indiqué Aboubacar Sylla sans pour autant donner le nom de la société qui s’adjugera ce contrat, encore moins la date précise pour le démarrage des travaux.

Or, au lendemain de son élection à la magistrature suprême du pays en 2010, le président Alpha Condé avait annoncé en grande pompe le démarrage des chantiers de construction et de réhabilitation de la voie ferrée Conakry-Kankan. Des travaux qui avaient alors été confiés à l’entreprise brésilienne Zagope sur financement de sa compatriote Vale. Hélas ! Le projet a foiré. Zagope a plié bagage pour rentrer, de même que Vale. Et sur le site qui faisait office de siège de Zagope à Dixinn, l’on a assisté à l’implantation d’une bluezone.

Construit à l’époque coloniale, le chemin de fer Conakry-Kankan est resté hors-usage avant que des guinéens, bénéficiant de la couverture d’un régime d’impunité, aient pris sur eux la lourde responsabilité de démanteler systématiquement cette voie ferrée qui faisait partie jusque-là des vestiges de la colonisation française en Guinée.

Cette sortie médiatique du ministre des Transports est-elle assimilable à un effet d’annonce, une promesse de façade ou un vœu pieux ? L’avenir nous l’édifiera.