Transport par taxi moto : un mal nécessaire dont nous subissons sans rémission, les effets ambivalents

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Taxi-moto Kouroussa

Les accidents de motos sont des signes révélateurs du grave danger que représente aujourd’hui la circulation motocycliste dans notre pays. Nous avons publié en début de mois, les statistiques annuelles des accidents des deux roues, recueillies à l’échelle nationale, par la police et la gendarmerie. Les chiffres révélés à l’occasion, nous impressionnent et nous alertent à la fois, tant leur fréquence et leur gravité sont élevées.

Pour bien d’observateurs, tout cela peut apparaître comme simple redondance lorsqu’on rappelle l’expansion sans limite, pour ne pas dire hors contrôle, que le transport par taxi moto connaît actuellement chez nous. Nos routes, tant urbaines que rurales, sont débordantes de ces engins qui activent et animent pleinement notre circulation. On les voit partout, roulant à vive allure, serpentant entre files de véhicules et voies routières, avec une prise de risques à faire frémir, le plus endurci.

L’ampleur du phénomène se développe si vite, qu’il est difficile d’évaluer aujourd’hui, le nombre exact de ces engins en circulation, dans le pays.

Au-delà de cette pléthore qui sature, il y a la gestion jusque-là calamiteuse, qui régente le secteur. Les textes réglementaires pris dans le sens de le structurer pour lui garantir plus d’ordre et de sécurité, souffrent de mépris, ou sinon de mauvaise application. Ce qui entraîne une autre situation, également à risques.

En effet, s’il est vrai que ces taxis motos ont été adoptés par les populations, dans leur grande majorité, comme moyen de transport en commun, utile, rapide et à prix coûtant, il faut cependant souligner qu’à l’usage, ils se sont révélés très dangereux. Ils ont fini par susciter de plus en plus de réserves et d’interrogations, quant au bien-fondé même, de leur insertion dans le système de transport public de personnes, à titre onéreux.

Bien de gens semblent aujourd’hui, désabusés, sinon inquiets ou ‘’déçus’’. Cette situation alarmante a conduit à considérer cette activité comme étant parmi les vecteurs de dangers les plus évidents de notre circulation routière. Ce que confirment éloquemment les statistiques de la police et de la gendarmerie routières.

Pour autant, comble de  paradoxe, le phénomène ne s’arrête pas. Loin de là ! Il semble même se développer sans cesse, nourri qu’il est par l’intense sollicitation dont il fait l’objet au quotidien. En effet, ils se comptent par milliers, nos compatriotes qui y font recours en permanence. Interrogés à ce propos, la réponse qu’ils donnent en deux variantes, est toujours la même: « que voulez-vous ? Nous n’avons pas le choix. » ; « Avez-vous une solution de rechange à nous proposer et qui nous offre les mêmes avantages que ces motos, à tous points de vue : coût de transport modique, disponibilité constante, rapidité de déplacement, facilité à passer les embouteillages et assurance d’arriver exactement au lieu de destination? Si c’est non, et je parie que ce sera bien le cas, alors, s’il vous plaît, laissez-nous donc avec ces motos et les risques qu’elles nous font courir. Dieu nous protège ! »

Toute la problématique de la circulation des motos taxis disséquée ici, tient au manque d’organisation qui la caractérise. Ce qui a entraîné cette grande anarchie et tous ces accidents qu’on lui impute constamment, dans la circulation.

Il faut dire que ces motos, tant décriées pour les problèmes que leur mauvais usage entraîne, sont pilotées par des conducteurs peu ou pas formés, auxquels on exige en plus, les permis A1 ou A, selon la catégorie. Pendant ce temps, l’Etat n’a pas exigé en amont que soient créées des motos-écoles pour la formation y afférente.

Notons cependant que certains efforts, quoique maigres et en retard, ont été entrepris pour mettre de l’ordre dans le secteur. Mais, les effets attendus tardent encore à s’imposer sur le terrain. De cela, nous parlerons les fois prochaines, tenant compte de l’importance que revêt le sujet.

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