Travaux sur le pont Kaka: les précisions du Directeur adjoint des routes nationales

avril 15, 2019 7:59

Depuis trois semaines, les usagers de la route nationale N°1 sont obligés de passer par l’ancien pont Kaka.  Cette déviation fait suite aux travaux entamés par l’entreprise japonaise, Daï Nippon, sur l’ouvrage livré le 17 juin 2017.

Mais déjà, cette situation suscite déjà des polémiques. Ne sachant pas les raisons de ces travaux, de nombreux citoyens doutent de la qualité des travaux apportés dans la réalisation du pont Kaka.

C’est pour mettre fin à ces supputations plutôt à suspicions que Benjamin Sandouno, Directeur adjoint des Routes nationales, a tenu à éclairer la lanterne des uns et des autres: «le pont de KAKA a été recouvert par un tapis de béton bituminé à la lumière de la route des voies d’accès qui conduisent au pont. Mais il se trouve que cette route-là doit connaitre des travaux d’envergure. C’est-à-dire qu’il y a une reconstitution des caractéristiques géométriques de la route qu’on doit redresser sur certains alignements. On doit pouvoir renforcer la route afin que le trafic soit multiplié par trois. Donc compte tenu du revêtement  bituminé qui était mis sur le pont et très tôt le constructeur DAÏ NIPPON (donateur Japonais) s’est rendu compte que nos usagers sont très mauvais gestionnaires du béton bituminé. Un camion qui s’est fait couler les huiles des carters sur ce pont nouvellement réalisé et tout de suite, le revêtement (bitume) qui était là, a commencé à se plisser sur lui-même, à se dégrader et plus loin vous en avez beaucoup d’exemples au jour le jour. »

Les Japonais, ne voulant pas que leur image soit ternie, ont décidé de revêtir le pont d’un béton hydraulique en remplacement du béton bituminé. En tout cas c’est qu’a avancé M. Benjamin Sandouno : «le Japon suit ses ouvrages tous les mois depuis la construction. Il nous envoie des rapports de contrôle. Ils ont des représentants ici qui suivent la vie de l’ouvrage,  le comportement de l’ouvrage et le comportement des usagers sur l’ouvrage. En fin de compte, ils se sont aperçus qu’en gardant ce béton bituminé à la longue, il va se dégrader et va affecter leur image de marque. Des gens risquent de dire que ces Japonais-là ne travaillent pas bien. Ils n’ont pas voulu cela. Ils nous ont proposés si nous l’acceptons, est-ce qu’ils peuvent changer le bitume en revêtement rigide, c’est-à-dire, en béton hydraulique. On leur a dit qu’on ne demanderait pas mieux.»

Pour ces travaux, le gouvernement guinéen ne déboursera aucun rond. «Alors, on leur a dit si vous le faites, vraiment on ne pourra que saluer la mesure. Ils nous ont dit, vous n’aurez pas cinq francs à donner. Le gouvernement guinéen ne donnera pas cinq francs et même le gouvernement japonais n’aura plus à intervenir. Ils ont dit qu’ils défendent l’image de marque de leur entreprise parce que s’il y a des incommodités dans le trafic, les gens vont dire que c’est DAÏ NIPPON qui a fait ce travail et qu’il a été très mal fait surtout que la route va recevoir un trafic qui va être multiplié par 3 ou par 4. Voilà comment on leur a donné l’accord et nous avons saisi  les départements en charge des Transports,  de la Sécurité, de la Défense nationale et de l’Administration du Territoire pour les tenir informés de ce que nous entreprenons  sur ces corrections légères sur le pont Kaka», a-t-il expliqué avant d’insister sur le fait que ces travaux actuels sur le pont n’ont rien à voir avec la structure de l’ouvrage : «la structure du pont n’a rien. Elle n’a absolument rien. On aurait pu laisser ce goudron,  peut-être les véhicules vont en dandinant pour traverser, mais le constructeur ne veut pas ça. Pour mieux défendre son image de marque, il ne veut pas qu’on dise que c’est DAÏ NIPPON qui a fait ça. Elle travaille partout dans le monde et elle n’a pas eu de telle anomalie. »

Pour appuyer ses explications, le Directeur adjoint des routes nationales prend en exemples les cas du rond-point de Matoto, du camp carrefour: «Déjà, à l’image de Matoto, nous avions eu beaucoup de difficultés. Il a fallu que le département fasse du ciment, du béton hydraulique et  maintenant tout le monde a la paix. Un peu au rond-point de l’aéroport en allant vers le  camp Alpha Yaya, ça a été la même chose. L’entreprise GUICOPRES, je me rappelle, est venue elle-même enlever le bitume pour mettre le béton rigide et maintenant on a plus de problème. »