Tribunal criminel de Faranah/Affaire Kalinko: l’avocat des accusés exprime son optimisme

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Pour Me Salifou Béavogui, l’avocat des huit accusés dans le dossier sur les violences meurtrières postélectorales à Kalinko (sous-préfecture relevant de Dinguiraye), ses clients sont innocents. L’avocat estime que l’enquête de la police n’a visé que les « provoqués » et épargné les « provocateurs ». Lisez plutôt sa réaction faite au sortir de la salle d’audience :

« Pratiquement, à la suite de ces événements, 63 personnes ont été interpellées. Ces personnes disent avoir été raflées, certaines étaient au champ, d’autres dans leurs maisons, d’autres vaquaient à leurs occupations. Donc, une fois que la gendarmerie est arrivée sur les lieux les interpellations ont été effectuées immédiatement dans tous les villages et districts environnants. Et ces arrestations ou ces interpellations étaient dirigées contre toute personne retrouvée. Donc, cela a fait que les enquêtes n’ont pas été sérieusement menées. Conséquence, plusieurs innocents ont été arrêtés. Je vous précise que dans ce dossier, il y a plus d’une trentaine de personnes qui sont en fuite qui n’ont pas été interpellées, mais qui ont été déférées devant le procureur que  sur la base de simples dénonciations. Donc, tout cela n’était pas de nature à permettre une instruction parfaite du dossier afin d’identifier les présumés auteurs et de les déférer devant la juridiction criminelle de jugement […] Alors, à la suite de ces différentes interpellations, une soixantaine de personnes s’étaient retrouvées à la prison civile de Faranah. Nous les avons défendus vaillamment et une cinquantaine a pu obtenir le non-lieu et a été libérée. Aujourd’hui, nous nous retrouvons physiquement à l’audience avec 8 accusés qui ont commencé à déférer à la barre du tribunal. Sur les 8 accusés, 2 ont été entendus. Il s’agit de Bouba Diarra et d’Ousmane Barry. C’était vraiment extraordinaire. Quand ils s’expliquent, vous avez l’impression qu’ils sont vraiment des innocents qui ont été arrêtés et qui sont restés en prison depuis plus d’un an. Depuis l’enquête préliminaire jusqu’à aujourd’hui, les explications des accusés n’ont jamais varié. Tout porte à croire qu’ils ne sont ni de près ni de loin mêlés à la commission des infractions qualifiées d’assassinats, d’incendie volontaire, de destructions d’édifices, de complicité et de coups et blessures. Donc, ce sont des innocents qui ont été arrêtés et qui ont été déférés devant le tribunal criminel de Faranah. Les débats se poursuivront et tout le monde sera éclairé. Mais je suis très à l’aise par ce que ce dossier que je gère aujourd’hui ne me donne pas un souci en raison du fait que les huit qui sont aujourd’hui devant le tribunal criminel ne peuvent être retenus pour un quelconque motif. A la lumière des éléments du dossier, il n’y a ni témoignage ni indices. Rien ne peut permettre de les retenir dans les liens de la culpabilité. C’est pourquoi je demanderai qu’ils soient tous acquittés et purement et simplement libérés pour infraction non établie. L’idéal aurait été qu’ils soient libérés. Qu’on ne continue pas à garder les innocents en prison. Les enquêtes sérieuses n’ont pas été menées, les vrais auteurs n’ont pas été arrêtés dans cette affaire et puis ils continuent toujours à courir. Et les enquêtes devaient être menées des deux bords. Il y a eu des provocateurs et des provoqués, mais très malheureusement les enquêtes ont été orientées contre les provoqués et finalement ce sont eux qui se retrouvent à la barre. Mais comme la justice a déjà fait son travail en libérant près d’une cinquantaine pour non-lieu, nous pensons que ce travail va continuer par une justice juste et équitable ».