Un ancien ministre d’Alpha Condé voit la Guinée s’acheminer tout droit vers une « République bancale »

décembre 9, 2018 3:02

L’ancien ministre de l’Elevage et des Productions animales a pris part à l’assemblée générale de son parti ce samedi 8 décembre 2018, à Conakry. Une participation que Mohamed Tall a mise à profit pour faire un survol sur la situation sociopolitique du pays.

Rappelant d’entrée la nécessité de tenir les élections législatives, ce cadre du Bureau politique national de l’Union des forces républicaines a indiqué que cela suppose que le fichier électoral soit révisé.

 » Jusque-là où nous sommes, rien n’a commencé par rapport à tout ça. Or, le mandat des députés est arrivé à échéance. C’est le peuple qui a voté pour les élire pour une durée de 5 ans. Au terme de ces 5 ans, rien n’est fait. Pourtant, dans un pays normal, il y a des institutions », a rappelé Mohamed Tall en langue soussou.

Poursuivant, il a fait noter un manquement à l’allure d’un acte d’omission posé à dessein par les élus du peuples, au Parlement.

« A l’heure qu’il fait, on vient de voter le budget. Les élections ne sont pas prévues dedans. Alors qu’on sait pertinemment qu’on doit les faire. Mais c’est pour créer un problème compliqué. Parce que le mandat que le peuple leur a confié est terminé. Si cela arrive, on  considère qu’il n’y a plus d’Assemblée. Et s’il n’y a pas d’Assemblée, comment vont se passer les choses? Nous serions entrés dans une République bancale, parce que le rôle des députés ne va pas être déplacé pour être transporté ailleurs. La loi dit que c’est l’Assemblée qui légifère », a-t-il enseigné devant une foule nombreuse de militants et sympathisants.

Ouvrant une brèche sur l’organe de gestion des élections en Guinée, l’orateur a indiqué qu’il y a des problèmes également au niveau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Parce que la loi a été votée pour la mise en place d’une nouvelle CENI.

« Là aussi, il y a des motifs de préoccupation réelle par rapport à l’avenir de notre pays, par rapport au fonctionnement des institutions et des pouvoirs prévu dans la Constitution. Nous ne pouvons pas rester tout le temps en dehors de la loi. Nous constituons une exception dans tous les domaines », a déploré M. Tall.

Et pour assoir son argumentaire sur une base pus ou moins solide, il a envoyé en guise de preuve ce qui suit:

« Comme l’opposition organise des manifestations, le pouvoir a interdit toutes ces manifestations. Pire, on militarise les quartiers. Ce n’est pas bien. Et pourquoi? Parce que si vous prenez ces images et les publiez sur les réseaux sociaux, ça ne rassure pas les étrangers qui veulent venir investir au pays. Et c’est comme cela nous fonctionnons, malheureusement. Il faut cela cesse. On doit cesser de créer des problèmes imaginaires », a conclu l’ancien ministre de l’Elevage et des Productions animales.