Un couple guinéen inculpé aux Etats-Unis de « complot, d’esclavagisme » et de « mensonges au FBI »

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Mohamed Touré, le fils du premier président guinéen Sékou Touré et sa femme ont été inculpés officiellement à Dallas, Texas de cinq chefs d’accusations par le procureur du district fédéral nord du ministère de la justice des Etats-Unis.

Selon le communiqué publié ce matin, Mohamed Touré, 57 ans, et Denise Cross-Touré, 57 ans, de Ft. Worth, Texas, sont inculpés pour « travail forcé, hébergement illégal d’étranger pour des gains financiers et complot en vue de commettre des travaux forcés et d’abriter des étrangers en situation illégale ». Tel est l’acte d’accusation dévoilé par Erin Nealy Cox, agent spécial en charge du bureau du procureur fédéral du district nord du Texas et Jeffrey McGallicher, du département d’État du bureau de Houston des services de sécurité diplomatique.

Mohamed Touré, sécrétaire général du parti politique guinéen PDG (parti démocratique de Guinée), est également accusé d’avoir menti au FBI en faisant de « fausses déclarations à un agent fédéral ».

Une jeune fille guinéenne originaire de Mandiana habitait avec le couple, elle serait venue de la Guinée en janvier 2000. « Le couple aurait exigé qu’elle fasse la garde des enfants, la cuisine, le nettoyage et des travaux de jardinage sans rénumération. Même si la présumée victime était proche en âge de leurs cinq enfants biologiques, le couple lui aurait refusé l’accès à la scolarité, aux soins médicaux et aux autres possibilités offertes à leurs propres enfants. À plusieurs reprises, Denise Cros-Touré l’aurait frappée ou punie jusqu’à ce que les voisins aident la victime à s’échapper en août 2016. Les Touré lui auraient refusé tout salaire, ils l’ont isolé de sa famille et menacé si elle refusait de travailler. Son passeport lui fut confisqué lui forcant à rester illégalement aux États-Unis après l’expiration de son visa de tourisme en mars 2000 et ont menacé de la renvoyer en Guinée si son travail n’était pas satisfaisant », précise l’acte d’accusation.

L’avocat du couple Scott Palmer se porte en faux contre la description des faits par le gouvernement américain. « Nous sommes impatients de rassembler une montagne de preuves pour réfuter le portrait de nos clients par le gouvernement », a déclaré Palmer dans une déclaration préparée avant d’ajouter : « Et nous sommes impatients de révéler la motivation de cette femme à mentir, trahir le couple qui l’a emmenée à la demande de son père pour une vie meilleure aux États-Unis. »

« S’ils sont reconnus coupables de travail forcé, les accusés encourent une peine maximale de 20 ans de prison, une amende de 250 000 dollars et une restitution obligatoire. S’ils sont reconnus coupables d’hébergements d’étrangers en situation illégale, les accusés encourent une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars », conclut le communiqué du ministère de la justice américain.