« Un élu local a pour rôle de développer sa communauté »,  dixit Bouréma Condé

0
976

De passage à Kissidougou, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a accordé un entretien à Guineenews©.  Bouréma Condé s’est prononcé sur le rôle des chefs coutumiers dans le maintien de l’équilibre social, la bonne gestion des affaires publiques par l’administration locale et enfin, les compétences des élus locaux. Interview

Guineenews©: bonjour monsieur le ministre Bouréma CONDE. La ville de Kissidougou vient de perdre son Sotikémö. Quels apports ont les chefs coutumiers pour l’administration du territoire sur le terrain?

Bouréma CONDÉ: Écoutez ! les chefs coutumiers ont un apport de poids dans la mesure où nos sociétés d’abord sont traditionnellement coutumières. Chaque né trouve ces papas, ces mamans qui inculquent en chacun de nous de vertus cardinales et sociales. Tant que ces patriarches sont là, dans la droiture de l’exercice de cette fonction hautement morale, il faut le préciser, parce qu’au faite, mon département assume la tutelle de ces chefferies coutumières. Tant que cela se fait sans aucun habillement politique, sans aucun habillement partisan, ça sert la société de façon générale et efficace. Donc, nous saluons leur rôle. Ceux qui s’en démarquent très  souvent, nous leur rappelons à l’ordre pour dire, il ne faut pas mélanger les choses. Donc, nous sommes là dans ce cadre.

Guineenews©: Quelles actions seront posées pour une administration efficace et effective du pouvoir vers les élus locaux?

Bouréma CONDÉ: Vous avez le code électoral et le code des collectivités. Tout ce que nous faisons ou tout ce que nous faisons faire par les élus se trouve très bien archiver dans ces différents codes. En tout état de cause et ce que chacun de nous doit retenir, ce qu’un élu, est un ouvrier de sa communauté. Sa mission est de faire en sorte que le développement communautaire puisse sous son impulsion connaître une avancée significative. C’est ça, le véritable élu. Qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour ma communauté, qu’est-ce que je fais demain pour ma communauté et déjà, qu’est-ce que j’ai fait hier pour ma communauté. Alors l’élu qui s’éloigne de ça aussi, a faussé sa feuille de route.

Guineenews©: Parlant des communes, quelle transparence dans leurs budgets pour leur permettre de mériter la confiance des populations?

Bouréma CONDÉ: Le budget communal est un budget contrôlé à différents niveaux. D’abord, les fonds ne sont mis à la disposition d’une commune que sur des bases orthodoxes très bien connues, très bien maîtrisées, un premier facteur. La gestion aussi n’est pas à la merci de monsieur le maire ou de simple exécutif communal. Il y a les sessions du conseil communal. Et ce sont les   sessions qui définissent, qui planifient le développement communautaire à travers ce que nous appelons le diagnostic participatif communautaire. (…) La priorité est définie par les populations elles- mêmes. Personne mieux que les populations ne peut dire, on a beaucoup plus besoin d’un bas-fond hydro-agricole aménagé que des lampadaires. On a beaucoup plus besoin du centre de santé que d’un terrain de football. C’est cela le diagnostic participatif communautaire. Et c’est à partir de cela, il y a la planification. Maintenant, le président de la République, le professeur Alpha Condé a innové en créant l’Agence Nationale de Financement des Collectivités(ANAFIC) qui est abondée par le Fonds national du développement local (FNDL) et par un Fonds de développement  local (Fodel) pour les sociétés, les communautés impactées directement par la présence d’une mine. Alors, cet argent-là, pour le toucher, il faut vous réveiller de bonne heure.

Guineenews©: pour la décentralisation,  pouvez-vous nous expliquer clairement les compétences des conseillers municipaux et des préfets?

Bouréma  CONDÉ: ils ont des missions complémentaires. Le préfet assure et assume la tutelle  de l’élu. Il a un contrôle de légitimité, de légalité. (…) Si, ce n’est pas le cas, le préfet où le sous- préfet sont là pour dire non! Je siffle une faute et il faut que l’on répare. Il ne laisse pas faire. Mais, il ne s’immisce pas non plus dans la gestion de l’exécutif communal. Pas du tout! Non!