Un jeune tué à Wanindara: voici le témoignage du premier médecin qui l’a reçu

mars 14, 2018 2:36
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Un jeune conducteur de taxi moto a été tué par balle ce mercredi 14 mars à Wanindara, dans la commune de Ratoma, en haute banlieue de Conakry. Boubacar Barry, c’est son nom, est âgé de 24 ans. Dès qu’il a été touché, ses proches l’ont pris pour l’envoyer à la Poly clinique de Dixinn. Malheureusement, il est mort en cours de route, a-t-on appris.

«Le constat, c’est que c’est un mort qu’on a reçu », nous a expliqués le médecin chef, le Dr Thierno Ibrahima Barry avant d’ajouter qu’il a tout de suite appelé le Pr Hassan Bah de l’hôpital national Ignace Deen. C’est ce dernier qui devra faire l’autopsie sur le corps de la victime.

« C’est simplement triste ! Parce que ce que nous avons de plus cher, c’est notre jeunesse. Quel que soit ce qui nous oppose, nul n’a le droit d’ôter la vie à son prochain », a-t-il regretté. Poursuivant, il a montré la plaie qu’il a photographiée avant de transférer le corps à Ignace Deen.

«C’est une plaie pénétrante. Pour que cette plaie tue, c’est qu’un projectile est entré… Mais, la plaie n’est pas transperçante. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’orifice de sortie [de la balle]. C’est la rétention de la balle à l’intérieur de son corps. Quand e l’ai vu et ça  m’a paru très bizarre. Parce que c’est le bassin qui est là. Derrière, il y a l’os du bassin et la tête du fémur. Généralement, dans le pire des cas, ça se casse. Mais ici la balle a dû changer de trajectoire, parce que quand la balle entre dans le corps, cela dépend du genre d’arme avec laquelle on a tiré… La balle est entrée et a changé de trajectoire. Comme ici, il y a les intestins, la vessie, cela a dû le blesser pour qu’il puisse mourir. C’est pourquoi 40 minutes après qu’on ait tiré sur lui, il a rendu l’âme», a-t-il décrit.

«Il a été touché au niveau du bassin. Mais la balle peut changer de direction. Quand la balle entre par là, elle peut tourner en vrille. Ce sont des armes de guerre. C’est fait pour tuer. C’est des balles létales. Ce n’est pas un pistolet », a précisé le Dr Barry qui dit avoir été choqué quand il a vu le corps de Boubacar Barry. Parce que lundi dernier, c’est lui qui a convaincu les jeunes qui avaient érigé des barricades à Bambéto, de laisser passer son ambulance.