Un ministre, ça la ferme ou ça démissionne : Oyé Guilavogui, ni galant, ni élégant

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Quand le ministre français, Jean Pierre Chevènement, disait en 1981 : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne », il ne savait pas à l’époque que cette phrase devenue célèbre s’appliquerait trente ans après en Guinée.

Or, c’est exactement ce qui s’est produit lors de la composition du gouvernement de Kassory Fofana. Avec le retour controversé de Oyé Guilavogui au gouvernement, quel qu’en soit le motif, le nouveau gouvernement aura pris un sérieux coup. Conséquence, le président Alpha Condé reçoit des coups qu’il ne devrait pas. Le pouvoir du premier ministre est affaibli. Tout le gouvernement est exposé.

La preuve ? Comment comprendre l’attitude du ministre Oyé Guilavogui, qui met, inutilement, tout son gouvernement sous les feux des critiques ? D’abord, il refuse le ministère de l’élevage. Ensuite, promu à l’environnement à la place de Roger Millimouno, qui avait pris fonction, il s’arroge encore le titre de ministre d’État de celui-ci.

Au lieu d’observer un profil bas, Oyé Guilavogui, un des plus grands auteurs des promesses jamais tenues sous les gouvernements successifs de Condé, préfère se justifier. Pourtant, Jean Pierre Chevènement l’avait dit il y a trente ans, de manière lapidaire. « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne »,

Pour noyer le poisson, l’ancien ministre des transports, qui avait promis la relance de la Sotelgui, la relance d’Air Guinée,… justifie son refus d’occuper la tête du ministère de l’élevage pour sa prétendue contribution de la victoire du RPG à Kindia, sa ville d’adoption, alors que celle-ci fait partie des douze circonscriptions, qui font l’objet de litige à l’issue des élections locales.

Si Oyé Guilavogui a mouillé le maillot comme il le dit, pourquoi le parti au pouvoir est au coude-à-coude avec le principal parti d’opposition, lors des élections locales, avec toutes les anomalies signalées ?

La leçon de morale de cette histoire est que si la priorité de Kassory Fofana, c’était d’obtenir la trêve chez le syndicat ou l’opposition, il devrait plutôt remettre de l’ordre dans ses propres rangs.