Urbanisme de 1958 à ce jour : le ministre Kourouma fait l’état des lieux, décline les réformes engagées et fixe de nouveaux caps

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Lors de son passage ce lundi 13 janvier devant la presse, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire a tenu à rappeler à sa mission qui consiste à accélérer l’aménagement spatial et urbain, améliorer l’habitat précaire, promouvoir l’habitat neuf, clarifier et sécuriser le foncier.

A l’instar de ses prédécesseurs, le ministre Ibrahima Kourouma s’est fait aujourd’hui le devoir de présenter la politique du Gouvernement en matière de l’aménagement du territoire et de politique de la ville.

Il a commencé par un rappel de l’état des lieux du secteur de 1958 à 2010, décliner les nombreuses réformes et actions engagées par le Gouvernement de 2011 à 2019 et enfin fixer les perspectives.

De 1958- 2010, le ministre Dr. Ibrhima Kourouma a rappelé que le secteur de l’urbanisme et de l’habitat, a été caractérisé durant des décennies par un manque de vision qui n’a pas permis d’avoir des villes véritablement urbanisées. « La capitale Conakry qui était reconnue durant la période coloniale comme la perle de l’Afrique de l’ouest, s’est caractérisée, par des occupations anarchiques, créant ainsi des quartiers spontanés où existe la promiscuité.  Ce constat est malheureusement le même dans plusieurs de nos grandes villes », a-t-il déclaré.

De la Première République à la Deuxième, le ministre Kourouma a posé le constat suivant : « du statut de propriété exclusive de l’Etat à partir de 1960 jusqu’en 1992 qui ne concédait aux personnes morales et physiques privées que le droit de jouissance, la terre, avec la promulgation du Code Foncier et Domanial en 1992, est devenue un bien pouvant être la propriété non seulement de l’Etat, mais aussi des autres personnes physiques et morales. Ce changement de statut a favorisé la multiplicité des acteurs dans la gestion du foncier, occasionnant entre autres des conflits fonciers qui occupent aujourd’hui l’essentiel des affaires devant les tribunaux, le bradage des réserves foncières de l’Etat, l’occupation des domaines publics, la spéculation foncière etc. »

En ce qui concerne l’Urbanisme, le chef du département de la Ville, Dr Ibrahima Kourouma a souligné : « la situation a conduit Conakry et les grandes villes  à : l’étalement urbain ; la pression foncière ; la détérioration de l’environnement et de l’écosystème ; la formation de quartiers insalubres ; la réduction de la mobilité urbaine ; l’insécurité urbaine ; l’enclavement des quartiers ; l’insuffisance des services essentiels de base. »

Par ailleurs, Dr. Ibrahima Kourouma a laissé entendre que le domaine de l’immobilier a été marqué par une faiblesse de l’offre publique de logements, l’auto-construction de logements par les ménages à partir de leurs propres ressources, la prédominance et la cherté des matériaux importés.

De 2011 à 2019 et pour corriger cette situation, Dr Ibrahima Kourouma a indiqué que le président Alpha Condé dès son investiture à la magistrature suprême en décembre 2010, a instruit le ministère en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, d’élaborer un document cadre devant servir de guide pour les programmes de développement du secteur. Ainsi, dira-t-il, fut élaborée la Politique Nationale de l’Habitat qui est communément appelée « Habitat vision 2021 » et qui fut promulguée en 2012.

C’est quoi ‘’Habitat Vision 2021’’ ?

 « ‘’Habitat vision 2021’’ est un document de référence du Gouvernement qui a pour objectifs, d’harmoniser les interventions dans le secteur de l’Aménagement du Territoire, de l’urbanisme et de l’Habitat ; de proposer des actions de développement du secteur ; de les planifier etc. ; de mobiliser les ressources nécessaires à leur mise en œuvre en vue de la création d’un cadre de vie sain et sécurisé.  Elle cadre avec les orientations du Plan National de Développement Economique et Social « PNDES » 2016- 2020 notamment dans son PILIER 3 qui traite du ‘’Développement Inclusif du Capital Humain’’.  Cette Politique Nationale de l’Habitat (PNH) comprend quatre axes stratégiques que sont : la planification de l’espace urbain et la sécurisation du foncier ; la promotion de l’habitat neuf et son financement ; la lutte contre l’habitat précaire et le financement de sa résorption ; la bonne gouvernance du secteur… », a expliqué le ministre brahima Kourouma qui a épluché le Plan de Réaménagement de Kaloum et des îles de Loos : « le Plan de Réaménagement de Kaloum et des îles de Loos a été élaboré en 2017. Cet important projet initié par le Président de la République, s’inscrit dans la logique de l’étude ‘’Grand Conakry Vision 2040’’.  Il vise à améliorer les conditions de vie des populations de la capitale Conakry, développer l’économie nationale et faire de Conakry l’une des plus belles capitales d’Afrique.  La mise en œuvre de ce plan se fera en trois phases. Il s’agit sur le court terme 2017- 2020 avec pour actions envisagées :  les projets d’embellissement immédiats ; le moyen terme 2020 -2030 qui sera consacré aux projets de développement (aménagements des quartiers, constructions de logements…), le long terme  2030- 2040 qui sera destiné  aux projets de remblai et à l’extension du port »

Des Schémas Directeurs d’Urbanisme

 « Les schémas directeurs d’Urbanisme de certaines villes minières notamment Forécariah (Commune urbaine, Maferinya et Benty) ; Boffa (Commune urbaine, Doupourou, Tougnifili, Tamita), et Siguiri (Commune urbaine, Doko, et Kintinia) sont en cours d’élaboration sur financement BND pour un montant de 5 423 000 000 GNF. Le Schéma Directeur de Boké (Commune urbaine, Sangarédi, Kamsar, Kolaboui) est financé par la Banque Mondiale dans le projet PACRISEM (Projet d’Appui à la Consolidation des Réformes et à l’Intégration du Secteur Minier à l’Économie Nationale).  Montant 600 000 USD ».

Quant au niveau des sous-préfectures de Baro et de Koumana à Kouroussa, le ministre Kourouma dira que des plans d’aménagement sont élaborés sur financement du BND pour un montant de 3 866 000 000 GNF.

Quid du Projet SANITA Villes Durables

Evoquant le projet SANITA Villes Durables, Dr Ibrahima Kourouma a indiqué qu’il est financé dans le cadre du 11ème  FED et vise le renforcement de la Gouvernance urbaine au niveau local et national. Un financement qui a permis, a-t-il déclaré, de réaliser des activités qui ont porté sur l’organisation de foras régionaux dans les 07 régions administratives et la tenue du Premier Forum Urbain National du 4 au 6 Décembre 2019.

Sur les réserves foncières et leur sécurisation

Dans ce domaine du foncier, le conférencier a affirmé que les activités réalisées ont porté principalement sur la Sécurisation des domaines et la constitution de nouvelles réserves foncières de l’Etat et la gestion des domaines de l’Etat.

Sur la sécurisation des domaines et constitution de nouvelles réserves foncières de l’Etat, le ministre Kourouma rappelle que président de la République dans sa vision, a instruit son ministère de constituer de nouvelles réserves foncières et de sécuriser les domaines de l’Etat sur l’ensemble du Territoire national.

« Dans cette dynamique, le Département a lancé depuis Octobre 2017, une vaste opération d’identification, de recensement et d’immatriculation de nouvelles réserves foncières, mais aussi de récupération des domaines de l’Etat sur l’ensemble du Territoire National. En capitalisant les résultats, il ressort à la date du 31 décembre 2019, l’établissement de trois mille quatre cent douze (3 412) titres fonciers, pour cinquante-sept mille neuf cent deux (57 902) ha répartis comme suit : 2407 titres fonciers pour les Equipements publics couvrant 15 969 ha. 1425 titres fonciers pour 42 140 ha au titre des réserves foncières », énuméré en substance le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, Dr Ibrahima Kourouma.

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