Urgent- N’Zérékoré : un accident fait cinq morts et une trentaine de blessés

0
242

La route a encore fait des victimes en zone forestière. La compagnie sécurité routière de N’Zérékoré annonce qu’un autocar est tombé dans un ravin hier aux environs de 17 heures, à la sortie de la capitale de la Guinée forestière. Il s’agit d’un véhicule de marque GMC immatriculé RC 1018 Q.

Selon l’adjudant chef Robert Faoromou, chef du service constat de la compagnie sécurité routière, cet accident s’est produit à l’endroit communément appelé carrefour Samoé à une dizaine de kilomètres du centre urbain de Nzérékoré, en direction de Macenta. Pour les familiers de la zone, c’est à proximité de l’édifice portant l’inscription: ‘’Bienvenue’’, qui s’adresse aux visiteurs ou aux voyageurs qui arrivent à Nzérékoré. Un symbole d’accueil et des souhaits qui n’ont pas profité au chauffeur de cet autocar et à ses passagers. C’est le moyen qu’on puisse dire.

Mais, ce n’est pas l’objet de notre propos. Revenons plutôt aux circonstances de cet accident  que nous relate l’adjudant chef Robert Faoromou:

« Cet autocar, comme tous les autres de sa catégorie, qui fréquentent la ville de Nzérékoré, se rendent toujours, à Sinko d’abord avant de venir à Nzérékoré. Sinko est une sous préfecture de Beyla où, tous les vendredis, se tient un marché hebdomadaire très fréquenté. Ce centre de négoces attire grand monde et les conducteurs de ces véhicules en profitent pour glaner des passagers en partance pour Conakry. Le plein est complété en chemin, notamment à Nzérékoré. C’est ainsi donc que, après Sinko la veille, le chauffeur non encore identifié, des suites de ses blessures, est arrivé à  Nzérékoré ce samedi. Et en fin d’après midi, le voilà qui prend le départ  pour Conakry avec 44 passagers à bord. Nous sommes entrain de reconstituer son itinéraire pour voir s’il s’est reposé un tant soit peu.

Dans tous les cas, d’après les informations à notre disposition, sur son parcours, alors qu’il roulait à vive allure, il aperçoit un motocycliste non identifié qui roulait dangereusement devant lui. Il tente de l’éviter. Au même moment, il se rend compte que cela le mène droit dans un nid de poule qu’il faut également éviter à tout prix. C’est dans ce chevauchement de manœuvres précipitées, combinées à son allure vive qu’il a perdu le contrôle de son véhicule. La chute violente l’a entrainé dans le ravin situé sur sa droite, dans son sens de marche. Le véhicule, avec ses bagages et ses passagers a fait plusieurs tonneaux avant de s’immobiliser sur le flanc, à une centaine de mètres du point de dérapage. Signalons que le lieu de l’accident est une longue descente au tracé rectiligne bordée de glissières de sécurité ou garde-fous qui n’ont pas retenu le véhicule dans sa série de culbutes.

A notre arrivée sur les lieux, nous avons dénombré cinq morts (deux enfants, deux femmes et un homme) et trente trois blessés, tous transportés à l’hôpital régional de Nzérékoré. Les enquêtes se poursuivent pour clore ce douloureux dossier d’accident dramatique la circulation qui a fortement marqué les populations de Nzérékoré. »

 A noter que ces autocars GMC qui assurent l’essentiel du transport en commun de voyageurs entre les villes de la forêt et Conakry, sont réputés pour la vitesse excessive que bon nombre d’entre leurs conducteurs pratiquent régulièrement sur les routes de l’intérieur du pays. Ce qu’il faut ne pas occulter non plus,  c’est la tendance qu’ils ont à ne point obtempérer aux sommations des agents de contrôle routier en rase campagne. Ils sont toujours pressés, chargent à bloc leurs véhicules, sur la galerie comme sur la travée centrale et font des rotations intenses qui ne leur permettent sans doute pas, de bien se reposer.

Si l’on pouvait obtenir que ces mauvais comportements changent dans ce secteur de transport, on ne pourrait que s’en réjouir. Tellement le rôle qu’il assure dans le transport inter urbain de voyageurs en direction de la forêt reste éminent. Et cela est possible. Il suffit de mieux le structurer et l’encadrer par les approches requises en la matière : l’éducation, la sensibilisation et la formation.

Aux responsables concernés d’essayer la recette. Ils se rendront vite compte  de l’effet salvateur qu’elle peut avoir sur le renforcement souhaité de la sécurité routière chez nous.